Századok – 1955

Krónika - A történészfront hírei - 530

RÉSUMÉ 545 PÉTER HANÁK AGGRAVATION DE LA CRISE DU DUALISME AUX PREMIÈRES ANNÉES DU XXe SIÈCLE* Au touinant du XIX' siècle le déploiement de l'impérialisme produisit des trans­formations fondamentales dans la situation de la politique extérieure et intérieure de la Monarchie austro-hongroise. Le processus de la décomposition inévitable de la Monarchie s'est accélérée, la crise du système dualiste austro-hongrois s'est aggravée. Aussi les dix premières années du XXe siècle jetèrent-elles une lumière crue sur la profonde crise de l'État austro-hongrois. Le ministère autrichien d'Ernst Körber qui entra en fonction en 1900 a fait de diverses tentatives pour la «solution» de la crise. Mais c'est en vain qu'il fit entreprendre des travaux publics, accorda des avantages aux chefs des syndicats et terrassa par les armes les mouvements révolutionnaires : les rebondissements répétés de la lutte de classes et les antagonismes opposant le capital financier autrichien aux bourgeoisies des nationalités opprimées aboutirent finalement, en 1904, à la chute du cabinet. Quoique, à cette époque, en conséquence de l'aggravation de la lutte de classes, la solidarité et la cohésion des classes dominantes austro-allemandes et hongroises de la Monarchie se fussent accentuées, l'on vit également paraître au grand jour — et ceci précisément à la suite du déploiment de l'impérialisme — les différends internes opposant les uns aux autres les groupes au pouvoir. Ainsi, l'on constatait en Hongrie des dissen­timents au sein même de l'alliance de classe du capital financier et de la grande propriété terrienne. En effet, au tournant du siècle, le capital financier déjà consolidé n'entendait plus s'accomoder d'une alliance telle quelle avait été réalisée sur la base des raports de forces de 1867, alliance fondée sur l'hégémonie absolue de la grande propriété. Les gros propriétaires terriens s'opposèrent, donc, à l'avance rapide du capital financier dans le domaine économique et politique. Or ce différend tirait son origine de la lutte pour le profit monopoliste et pour la répartition de celui-ci. L'autre facteur des dissensions — facteur bien plus significatif que le précédent — résidait dans l'antagonisme opposant la bourgeoisie moyenne hongroise au capital financier autrichien et hongrois. En effet, le territoire douanier commun, la concurrence des impor­tations autrichiennes toujours croissantes de même que la pression des monopoles austro­hongrois avait créé pour la bourgeoisie moyenne hongroise une situation de plus en plus 1 intolérable. Ainsi dpnc, l'altération de ses conditions de vie avait entraîné la bourgeoisie moyenne à s'élever contre la domination du capital financier et de la grande propriété austro-hongrois. Toutefois, simultanément, cette hostilité se trouvait sensiblement limitée du fait de l'angoisse croissante qu'inspiraient à la bourgeoisie libérale la classe ouvrière et les mouvements de masse. Ces antagonismes se combinèrent avec ceux engendrés par la manière différente dont les forces en présence appréciaient les rapports de force et les possibilités de l'impéri-I alisme hongrois. Détentrice du pouvoir, l'oligarchie financière hongroise s'efforçait de sauvegarder le système dualiste : elle n'entendait point troubler les rapports austro­hongrois et acceptait de jouer le rôle de satellite impérialiste subalterne. Les groupes des classes dominantes, hostiles à l'oligarchie financière, ne s'accommodaient point de ce rôle et entrèrent en lice pour les revendications autonomes de l'impérialisme hongrois. Quant à la politique chauvine d'oppression nationalitaire, les entraves à opposer au ralliement national des petits peuples du voisinage et les problèmes essentiels du main­tien de la Monarchie, les deux tendances professaient des opinions semblables : les dis­sentiments ne surgirent que dans les limites mêmes de ces opinions, rien que dans la manière de concevoir les,méthodes et les possibilités réelles de la réalisation des visées impérialiste. Les protagonistes de l'impérialisme hongrois autonome estimaient que l'accrois­sement des forces matérielles et politiques du pays permettraient à celui-ci de réaliser la domination hongroise sur les peuples de la Monarchie, de même que l'hégémonie dans l'Europe sud-orientale. Or, cette conception tout aussi réactionnaire qu'irréelle, ne tenait pas compte des rapports de force véritables. La contradiction intrinsèque de ces deux conceptions démontrait tjue les classes dominantes hongroises étaient désormais incapables de gouverner d'une manière solide, fût-il qu'elles appliquassent les vieilles méthodes — en maintenant la dépendance vis-à­vis de l'Autriche — ou apportassent une modification aux principes de 1867. Dans la * Fragment du manuel universitaire en préparation.

Next

/
Oldalképek
Tartalom