Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)

Etnie şi confesiune

80 Marie Lionnet central45. Dernier élément renvoyant aussi à la spiritualité occidentale, la présence des Franciscains dans cette région du royaume dès le début du 14e siècle, non seulement ordre dont la spiritualité était fortement imprégnée de la dévotion à la Croix du Sauveur46, mais aussi ordre actif dans la mission de conversion et qui entretenait des relations suivies avec l’Orient47, a pu encourager le développement d’un culte naissant ou déjà présent à cet endroit, d’autant que certains ensembles peints franciscains placent aussi la Croix au centre de leurs décors48. L’activité d’un couvent en terre saxonne, non loin de Sântămărie Orlea, à Orăştie (Szászváros), est attestée avant 130249. Si l’on ne connaît guère les colons qui assuraient le fonctionnement du château royal de Haţeg, ils ont pu être en contact avec les Franciscains et être ainsi influencés par leur spiritualité. Décor complexe qui articule plusieurs axes de lecture et un culte particulier, cet ensemble peint, malgré son caractère incomplet, tisse un réseau de liens, tant significatifs que formels, entre les différentes scènes du décor. Ce type de disposition, qui utilise des modes assez traditionnels d’associations verticales et horizontales, et qui emploie des symboles largement répandus dans l’iconographie chrétienne, révèle des éléments d’une réflexion théologique qui a gouverné la réalisation du décor dans la nef de Sântămărie Orlea, sans que l’on puisse véritablement parler en terme de programme. La disposition du décor dans l’église de Sântămărie Orlea adopte des habitudes byzantines en matière de structuration de l’espace ou d’association de différentes thématiques sous forme de correspondances sur un même mur et d’échos entre murs parallèles. Ainsi, les modalités de l’intervention de la Vierge dans l’édifice, la représentation conjointe des épisodes de l’Enfance de la Vierge et de la Koïmésis dans un même ensemble 45 La disposition de plusieurs sculptures sur une poutre se développe dès le début du 13e siècle, citons les poutres de Halberstadt (1220) et de Naumburg (1250-1260). Gertrud Schiller, Ikonographie der christlichen Kunst. 2: Die Passion Jesu Christi, Gütersloh. 1968, p. 110-111, 158-159, ill. 478, 480. 46 Cette spiritualité a d’ailleurs fortement imprégné l’évolution de la littérature hymnique à partir du milieu du 13e siècle. J. Szöverffy, Hymns of the Holy Cross. An annotated edition with introduction (Medieval classics: texts and studies, 7), Leyden. 1976, p. 73-79. 47 Au sujet de l’influence des rapports des Franciscains avec l’Orient sur l’évolution de l’iconographie de la Passion, voir Anne Derbes, Picturing the Passion in the Late Medieval Italy. Narrative Painting, Franciscan Ideologies, and the Levant, Cambridge, 1996. Sur les différentes fonctions de l’iconographie mariale, sur le rôle des ordres mendiants dans son évolution, voir D. Russo, Les représentations mariales dans l'art d'Occident. Essai sur la formation d'une tradition iconographique, in Marie. Le culte de la Vierge dans la société médiévale, éd. D. logna-Prat, E. Palazzo, D. Russo, Paris, 1996, p. 173-291. 48 Le décor original de l'abside de l'église Santa Croce à Florence n'est malheureusement pas connu, mais la dédicace à la Croix est certaine. D. Blume, Wandmalerei als Ordenspropaganda. Bildprogramme im Chorbereich franziskanischer Konvent Italiens bis zur Mitte des 14. Jahrhunderts, Worms, 1983, part. p. 90-91. 49 Dicţionarul mănăstirilor din Transilvania, Banat, Crişana şi Maramureş (Dictionnaire des monastère de Transylvanie, Banat, Crisana et Maramureş), A. A. Rusu dir. Cluj-Napoca, 2000. p. 198-199; Romhányi Beatrix F., Kolostorok és társaskáptalanok a középkori Magyarországon. Katalógus (Monastères et chapitres collégiaux dans la Hongrie médiévale. Catalogue), Bp. 2000, p. 59.

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