Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)

Etnie şi confesiune

72 Marie Lionnet les trois murs; la thématique de la Croix, dominant le décor par sa position axiale dans l’édifice, est à nouveau évoquée par la découverte de la Vraie Croix par sainte Hélène. Précédent nécessaire de l’Incarnation magnifiée autour de l’arc triomphal, le récit de l’Enfance de Marie introduit le contexte exceptionnel qui prépare l’avènement du Christ, énonçant déjà la double vocation de Marie, en même temps vierge et mère. Marie établit ainsi un pont entre les deux réalités terrestres et divines, dans la superposition des scènes de la Nativité de la Vierge et de l’Ascension. De la même manière que le motif de l’Arbre de Jessé, les trois générations - Anne, la Vierge et le Christ - sont placées sur un même axe, dont la verticalité est accentuée par les positions frontales de Marie et du Christ. La position recroquevillée de sainte Anne, souche humaine de la généalogie du Christ, s’oppose à celle du Christ qui s’en retourne vers les Cieux, lieu de son essence divine. Un autre lien place le Christ à cheval de l’Entrée à Jérusalem sur le même axe vertical que la Croix découverte par sainte Hélène, rappelant ainsi la lente et inéluctable marche vers son Sacrifice qui est précisément commémoré dans l’espace du chœur. Mais il s’agit aussi d’une anticipation sur la résurrection du Christ, sur sa victoire sur la Croix. Simultanément sur le même mur, dans la succession horizontale du registre médian, les scènes de la vie du Christ associent des théophanies et des événements de sa vie terrestre qui sont autant de manifestations de sa divinité, disposition qui exclut les épisodes plus narratifs de sa vie publique. La Présentation au temple illustre la reconnaissance du Nouveau Testament par l’Ancien, et leur succession. Associée au Vir dolorum représenté sous la fenêtre, la Présentation est aussi première annonce de la Passion, première étape sur le chemin de la Croix, et manifeste la destinée du Christ. L’Ascension et la Transfiguration, théophanies glorieuses du Fils de Dieu réservées aux apôtres, leur succèdent: la première exalte l’institution ecclésiale, réunion des douze apôtres autour de la Vierge en orante, tandis que la'deuxième illustre la révélation de la nature divine du Fils de Dieu à trois des apôtres, en même temps annonce de la résurrection et de la gloire du Christ à venir. L’Entrée à Jérusalem débute la marche vers la Pâques ultime, qui culmine au-dessus de l’arc triomphal. La signification de la Transfiguration, vision du Christ en gloire, annonce la gloire du Christ ressuscité au matin de Pâques, et anticipe sur la conclusion du récit de la Passion qui lui succède. Ce procédé explique vraisemblablement l’inversion inhabituelle dans l’ordre chronologique des scènes de l’Ascension et de la Transfiguration. Sur le mur nord de la nef, au rappel de la nature humaine du Christ, au registre inférieur, se superposent les manifestations de sa divinité, qui appartiennent aussi au temps de sa vie terrestre, exaltant ainsi sa double nature de Fils de Dieu. Double nature qui fonde le mystère de l’Eucharistie, évoqué par le Vir dolorum2. Ces épisodes annoncent aussi 27 27 Le décor originel du chœur, espace essentiel où se déroule le moment central de la liturgie, et aujourd’hui remplacé par les apôtres de la deuxième moitié du 15e siècle, complétait vraisemblablement l’ensemble peint dans cette signification eucharistique.

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