Sonderband 2. International Council on Archives. Dritte Europäische Archivkonferenz, Wien 11. bis 15. Mai 1993. Tagungsprotokolle (1996)

3. Session / Séance. Sharing of Experience and Exchange of Staff / Partage d’Expériences et Echange des Personnes - Huyda, Richard: Coordination Research in Archival Sience and Dissemination of Professional Information / Coordination de la recherche en archivistique et diffusion de l’information professionnelle (english 231 - français 251)

3. Session/Séance: Marcoux - Huyda, Coordination de la recherche en archivistique Nous nous en voudrions de vous laisser sur cette impression, car sa nécessité n’a pas assuré et n’assure pas encore son libre épanouissement et encore moins son développement coordonné. Ainsi, la vague de néo-libéralisme qui a balayé le monde occidental ces dix der­nières années a imposé son implacable loi de la concurrence à l’ensemble des agents économiques et des acteurs sociaux. Comme nous l’a fort justement rappelé Hervé Sérieyx”, la globalisation de l’économie capitaliste, l’augmentation rapide de la production mondiale et la multiplication des échanges mondiaux, a exacerbé la ri­valité entre individus, institutions et corps publics. Or qui dit „rivalité“ dit également tendance naturelle au secret, au repli sur soi, à la protection et à la monopolisation de toutes les connaissances et facteurs susceptibles deprocurer le moindre avantage sur les marchés des biens et services. Outre cette conjoncture socio-économique, il ne faut pas oublier que les profes­sionnels et chercheurs que nous sommes se sont trouvés, au cours d’une seule décennie, littéralement submergés sur le plan de la production de la documentation et de l’information professionnelle. Nul d’entre nous ne peut plus se vanter d’avoir tout lu ou prétendre à une quelconque maîtrise de la totalité des nouvelles connais­sances en archivistique, ainsi que ses disciplines, techniques et sciences auxiliaires. En plus de cette limite quantitative, nous devons aussi avouer une certaine im­puissance qualitative devant la sur-spécialisation qui se manifeste en archivistique comme ailleurs. Plusieurs d’entre nous, face à certaines technologies de pointe par exemple, ne peuvent que mesurer leur ignorance et déplorer le manque de temps qui leur permettrait de tenir leurs connaissances à jours. Les découvertes se succèdent désormais à un rythme trop rapide et dans des domaines trop parcellisés pour autori­ser quiconque à prétendre à la connaissance universelle en matière d’archivistique. Ajoutons à ce qui précède, le facteur bêtement humain qui fait que les personnes impliquées dans la recherche ne partagent pas toujours des intérêts communs et poursuivent même parfois des buts strictement privés. Ainsi, si les chercheurs sont, par définition, à la recherche continuelle d’informations, la diffusion des résultats de leurs travaux et de l’information colligée dans le cours de ces derniers ne va pas nécessairement de soi. N’oublions pas que le contrôle de l’information (ou sa pro­priété) continue d’assurer à ses détenteurs prestige et pouvoir. Cet égoisme et cet égocentrisme des individus se manifestent de façon encore plus flagrante sur le plan des institutions. Ces dernières établissent en effet des programmes de recherche pour solutionner certains problèmes. Une fois qu’elles les ont réglés, elles ne voient pas nécessairement d’obligation morale ou de responsabilité communautaire, profession­nelle ou sociale à diffuser les résultats des recherches entreprises sous leur égide. Le „chacun pour soi“ est une idée reçue et profondément ancrée dans nos sociétés. Et depuis Kant, on est naturellement convaincu que la poursuite du bonheur individuel et des intérêts privés suffit à assurer le progrès collectif. 23 23 Voir Présentation de Hervé Sérieyx à la Conférence sous titre: La fonction publique et le service au citoyen, [Ottawa], Centre canadien de gestion, 3 mars!992, 18-19. 259

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