Sonderband 2. International Council on Archives. Dritte Europäische Archivkonferenz, Wien 11. bis 15. Mai 1993. Tagungsprotokolle (1996)

3. Session / Séance. Sharing of Experience and Exchange of Staff / Partage d’Expériences et Echange des Personnes - Huyda, Richard: Coordination Research in Archival Sience and Dissemination of Professional Information / Coordination de la recherche en archivistique et diffusion de l’information professionnelle (english 231 - français 251)

3. Session/Séance: Marcoux - Huyda, Coordination de la recherche en archivistique de la recherche en archivistique si cette activité n’était que marginale et sans fonde­ment scientifique? Or depuis quelques années, on en est venu, du moins en Amérique du Nord, à débattre de la nature de l’archivistique elle-même. Est-elle une véritable science ou une simple pratique? Laisse-t-elle réellement place à l’investigation et à la recherche originales? N’origine-t-elle pas plutôt de la juxtaposition méthodique de procédés empiriques, et ne se développe-t-elle pas simplement à partir d’emprunts successifs à des disciplines diverses. Les auteurs1 qui se refusent à reconnaître à l’archivistique les caractéristiques d’une véritable discipline scientifique soulignent surtout son anémie théorique. En fait, cette dernière ne constituerait aucunement un ensemble de connaissances théo­riques, exprimées sous forme de lois universelles, mais formerait tout au plus un compendium de pratiquesconsacrées. D’ailleurs, selon eux, théorie et archivistique useraient même antinomiques, puisque la première se base sur la réflexion méthodi­que et sur l’expérimentation alors que la deuxième n’est qu’un art acquis par disposition et apprentissage. Sans vouloir intervenir dans ce débat, nous aimerions faire les commentaires sui­vants, qui soutiendront la description que nous ferons plus loin des formes et des méthodes de recherche en archivistique: Il est passablement réducteur de limiter la science à la seule formulation delois ou de théories. On a longtemps désigner sous ce vocable aussi bien les „connaissances“ acquises sur un sujet d’étude, que le „savoir-faire“ qu’elles permettaient d’acquérir ou la pratique et les règles qui sous-tendaient ces mêmes connaissance1 2. Historiquement, plusieurs disciplines scientifiques de nature purement théorique ou abstraite ont connu un essor, à une époque particulière, pour des motifs autres que le simple accroissement des connaissances. Ainsi, à la Renaissance, Léonard de Vinci et Albert Durer ont participé au développement de l’art des mathématiques parce qu’ils y voyaient un outil indispensable à la réalisation de projets artistiques ou de travaux d’ingénierie3. D’ailleurs le même Léonard ne croyait aucunement au caractère éminemment abstrait des connaissances. Ne disait-il pas en effet que „chacune de nos connaissances procède des sens“4. La méthode déductive (énoncé de lois générales vérifiées par l’expérimentation) n’est pas la seule démarche scientifique généralement acceptée. D’éminents chercheurs, comme Claude Bernard5 ou Henri Poincaré6, qui ont pas­sablement réfléchi sur la méthodologie de la recherche scientifique, ont su redonner 1 Roberts, John W.: Archival theory: myth or banality? dans: The American Archivist 53 (1990) n° 1, p. 110-120. 2 Voir:Le Grand Ro b ert. Vol. 6. Paris 1983, p. 171-172. 3 Voir: Vénard, Marc: Les débuts du monde moderne (XVIe et XVIIe siècles). Vol. 5. Paris 1967, p. 140-142. 4 Cité par M a z z e r i, Sylvia Alberti de: L’homme et son temps: Léonard de Vinci. Montréal 1987, p. 33. 5 Dans son Introduction à l’étude de la médecine expérimentale. Bruxelles 1965. 6 Voir: Science et méthode. Paris 1947, p. 159-160. 252

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