Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)

József Ruszt: Notes pous le montage de la Tragédie

NOTES POUR LE MONTAGE DE LA TRAGÉDIE Tragédie — intelligence et époque Le monde se trouve dans une situation tragique mais sans que cela gêne outre mesure le mécanisme de la vie quotidienne. C’est comme si l’homme de notre temps n’affectait qu’un seul compartiment de sa conscience à cet usage. Une fois la chose en­registrée, elle est aussitôt localisée dans la petite „parcelle tragique” de son cerveau. Comme cela, elle ne dérange plus le fonction­nement des autres compartiments, destinés à assurer la survie. Il en a, sans doute, toujours été ainsi D’une manière générale, l’homme a toujours vécu des situations tragiques et cela même quand il n’y réfléchissait pas. Pourtant, selon les anciens Grecs, la vie est mortellement dangereuse puisque, jusqu’à présent, tout le monde a dû mourir de vie. Placé dans le cours de l'histoire, l'homme ne conçoit vraiment la situation tragique que lorsqu'il est touché par la pensée qu'il n'est pas indifférent comment ni pourquoi il vit. La tragédie est donc une décision de la continuité de l’existence, prise par la conscience et destinée à la personnalité dans son intégralité; c’est l’évaluation ponctuelle de l’impos­sibilité d’un acte possible, et ce n’est pas une question de genre artistique. Le but, c’est la décision; la lutte, c’est la manière Qu’est-ce que cela a à voir avec la tragédie? Avec celle de Madách, bien sûr. L’oeuvre formule et qualifie une décision, celle d’Adam qui, dans une relation de nécessité à liberté, conclut que si l’existence n’a pas de sens, l’homme a encore la liberté de rejeter cette existence quand il le veut, lui, et non quand le veut 70

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