Folia Theologica 9. (1998)

Antal Molnár: L'Eglise catholique dans la Hongrie ottomane (15e-17e siecles)

L'EGLISE CATHOLIQUE 173 A côté des franciscains venus de Bosnie, il faut rappeler l’influence des colonies de commerçants ragusains dans les Balkans. La cité-république de Raguse représentait le point stratégique du catholicisme balkanique aux 16e- 17e siècles, qui attira aussitôt l’attention du Saint Siège. Grâce aux privilèges obtenus des sultans pour le commerce balkanique, les colonies ragusaines étaient partout présentes dans les villes importantes des Balkans ottomans.36 Le catholicisme militant de la ville et sa présence balkanique ont permis à Raguse de devenir un point de départ pour les actions missionnaires vers la péninsule. Les visiteurs apostoliques, les évêques missionnaires, et les missionnaires franciscains ou jésuites (sans parler des prêtres séculiers qui exerçaient les fonctions de curé dans les colonies commerciales ragusaines) étaient des Ragusains ou étaient au moins partis de Raguse pour leur mission difficile et dangereuse. Il faut rappeler enfin l’importance du rôle protecteur de la diplomatie ragusaine pour les communautés catholiques des Balkans. Les commerçants des colonies offrirent aux hommes d’Eglise leur soutien matériel, leur protection contre l’autorité des occupants, voire même leur réseau postal pour la correspondance des missionnaires avec Rome.37 Le Saint Siège commença à avoir soin des catholiques vivant sous la domination ottomane après le Concile de Trente, qui représentait pour l’Eglise catholique le début d’une expansion formidable des missions en Europe et en Outre-Mer. Au tournant du 16e siècle les papes envoyèrent plusieurs visiteurs apostoliques dans la Hongrie ottomane qui donnèrent à Rome les premières informations sur cette région.38 Ce fut la Compagnie de Jésus qui fonda les premières missions stables à Belgrade et à Pécs en 1612, et plus tard à Temesvár, Gyöngyös et Andocs. On compte environ 120 jésuites qui déployaient une activité missionnaire dans la Hongrie Ottomane.39 En dehors de leur action pastorale (qui fut inspirée, comme dans toute l’Europe, de l’esprit de la réforme 36 CARTER (Francis W.), Dubrovnik (Ragusa). A Classic City-state, London- New York, 1972, pp. 144-148; ZLATAR (Zdenko), Our Kingdom come. The Counter-Reformation, the Republic of Dubrovnik, and the Liberation of the Balkan Slavs, New York, 1992, pp. 107-191. 37 MOLNÁR, op. cit., pp. 189-190. 38 ZACH, op. cit., pp. 27-31. 39 FRICSY (Ádám), „Katolikus iskolák a hódoltságban”, in Pázmány Péter emlékezete, Róma, 1987, pp. 361-388; BALÁZS (Mihály), FRICSY (Ádám), LUKÁCS (László), MONOK (István), Erdélyi és hódoltsági jezsuita missziók, 1/1-2, (1609-1625), Szeged, 1990, passim.

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