Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

PÁZMÁNY THÉOLOGIEN 45 elle voisine avec le faux, au contraire, elle ressort encore mieux, comme le blanc sur le noir.” {Epistolae I 43). S’il apporte „des preuves simples, fondées sur les faits irréfutables de la vraie raison” (OC III 139), Pázmány est tout à fait étranger au rationalisme théologique; il n’affirme point que la compréhension par la raison soit l’indice de la valeur des vérités de foi: la source de la vraie foi est la Révélation divine, que renferme l’Ecriture dont l’interprète authentique est l’Eglise catholique. Il désapprouve donc „que l’on suive comme paroles d’Evangile les conclusions fondées sur l’art philosophique; dans l’Ecriture Sainte l’on ne trouve rien sur la justesse de ces petites conclusions fabriquées dans l’atelier de la raison humaine.” (OC III 519) Fait certain: Pázmány, pour ses controverses et son apostolat, puis, vers la fin de sa vie, pour ses Sermons {Prédikációk, perles de la prose hongroise), puise dans ses réflexions et ses cours à Graz. Le jeune jésuite, durant la formation et les études à Cracovie, à Vienne, à Rome, s’assimile la doctrine catholique; puis il enseigne lui-même à l’Université de Graz, d’abord la philosophie (1597-1600), puis la théologie (1603-1607). Le commentateur d’Aristote devait être un professeur excellent, car, en 1600, ses Supérieurs le caractérisent par cette observation: „Agé de trente ans, esprit perspicace, de bon jugement, de peu d’expérience, bien doué, surtout très versé dans les lettres, colérique et ,submélancolique’, apte à enseigner la théologie et la philosophie et éventuellement à gouverner.”2 Toute la vie de Pázmány justifie cette observation perspicace. Les supérieurs ont découvert très tot les talents du jeune jésuite hongrois, mais ils ont bien remarqué, à coté de son tempérement colérique (sa volonté de fer qui le lancera dans une activité frénétique), sa tendance à la mélancolie, sa susceptibilité qui lui causera tant d’ennuis et deviendra une des sources de ses crises intérieurs.3 2. „Acuti ingenii, boni iudicii et prudentiae, experientiae exiguae, profectus valde boni in litteris, cholericus et submelancholicus, aptus ad docendam philosophiam et theologiam, et forte ad gubernandum.” (ARSI Austr. 25 II 163v.) 3. Voir L. LUKÁCS — F. SZABÓ, Autour de la nomination de Péter Pázmány au siège primatial d’Esztergom (1614-1616). Pázmány est-il resté jésuite après sa nomination? in: Archivum Historicum S.I. LIV 107 (1985), 77-148.

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