AZ ORSZÁGOS SZÉCHÉNYI KÖNYVTÁR ÉVKÖNYVE 1967. Budapest (1969)
IV. Könyvtörténeti és művelődéstörténeti tanulmányok - Markovits Györgyi: A magyar emigráció irodalmi munkássága a két világháború között - Activité littéraire de l'émigration hongroise entre les deux guerres mondiales
té des ouvrages que les auteurs hongrois firent paraitre en diverses langues étrangéres. (Mentionnons en tant qu'exemple que László Frank fut le rédaeteur d'un journal allemand en Chine et que le dr. József Székely publia des articles antifascistes sous le pseudonyme S. E. Kelly dans la presse espagnole de Buenos Aires.) II fallait done limiter la catégorie des publications; hungarica, ce qui a permis ä l'auteur de rendre compte d'environ 300 livres hongrois antifascistes, littéraires et politiques, parus a l'émigration et colportant les idées marxistes. Cent d'entre eux ont vu le jour dans l'Union Soviétique, tout autant en Autriche, 40—40 en France et aux Etats Unis d'Amérique, tandisqu'en Allemagne il n'en fut publié que vingt á Yen erőire aux documents peu nombreux dont pouvait disposer l'auteur. II n'est que trop probable que ce nombre fut en réalité beaucoup plus élévé. Quels étaient les ouvrages les plus importants ? L'article donne ä cette question une réponse qui examine le probléme par pays. En Autriche, ce furent les livres de Bécsi Magyar Kiadó (Editions Hongroises de Vienne), l'ceuvre de Marcel Vértes contenant ses dessins sur « l'enfer hongrois» comme il est indiqué dans le titre: Rajzok a magyar pokolból, I'ouvrage de Mihály Bíró: Horthy, ainsi que les livres condamnés a étre confisqués d'auteurs éminents comme: Andor Gábor, Lajos Kassák, Tibor Déry, Mme György Bölöni, Anna Lesznai et József Pogány. En ce qui concerne la presse, a coté des journaux politiques importants — comme Proletár? Bécsi Magyar Újság, Uj Március — les revues littéraires de Vienne trouvent également place dans l'article. Les ouvrages nés dans l'émigration d'Allemagne ne sönt pas moins considerables. Mihály Károlyi fit paraitre on 1923, ä Munich, un livre qui avait pour titre Egy egész világ ellen (Contre un monde entier) et qui devint l'objet d'une interpellation dans le Parlement. La session du Parlement close, I'ouvrage fut immédiatement confisqué et les propagateurs du livre furent mis en arrestation. L'activité des hommes de lettre emigres a 1'Union Soviétique est particuliérement soulignée, et pour la période de la premiere guerre mondiale, et pour celle les années trente depuis jusqu'á la fin de la deuxiéme guerre mondiale. La premiere période donna naissance ä une vingtaine de journaux révolutionnaires hongrois et ä plusieurs brochures consacrées aux idées du mouvement. La série Forradalmi írások (Actes révolutionnaires) refléte les problémes les plus ardents de l'époque. C'est ä la seconde période que nous sommes redevablespour deux organes important: Sarló és Kalapács (La faucille et le marteau) et Uj Hang (Nouvelle voix) particuliérement précieux. C'est dans ce dernier que gagna corps la politique antifasciste, démocratique-populaire du parti, qui aidera plus tárd, aprés la liberation,, á résoudre les problémes du développement de la Hongrie renouvelée. Dans l'histoire de la littérature hongroise socialiste, le camps des hommes de lettre emigres dans l'Union Soviétique oecupe une place centrale. Plusieurs de leurs ouvrages ouvrirent dans le domaine de la littérature révolutionnaire une voie nouvelle. Tels p. e. les romans Visegrádi ucca de József Lengyel, Vörös város de Lajos Kiss et Ég a Tisza de Béla Illés. Et c'est ici que continuérent leur travaux commences a Vienne de Andor Gábor, Mózes Kahána, etc. Les livres et d'autres éerits de Frigyes Karikás, Emil Madarász, Máté Zalka, l'étude de György Lukács sur la responsabilité des écrivains (írástudók felelőssége) sönt autant de valeurs littéraires et politiques hongroises de l'époque qui furent publiées dans l'Union Soviétique, pour la plupart dans la série Sarló és kalapács könyvtára (Bibliothéque de la faucille et du marteau). Les intellectuels hongrois qui s'étaient réfugiés en France déployaient une activité efficace pendant une vingtaine d'années. L'organe du parti communiste hongrois de Paris paraissait depuis 1924 jusqu'á 1939, date du déclenchement de la guerre. Ce journal donna l'impulsion á l'émigration hongroise á participer dans la resistance du peuple francais mobilise déjá. Dans le développement de l'esprit révolutionnaire parmi les ouvriers hongrois, dans l'éveil de la solidarité et de l'idée d'internationalisme prolétarien, l'organe du parti joua un rőle primordial. Nous y retrouvons les lignes de Mihály Károlyi, de György Bölöni, d'Antal Forgács, de László Gereblyés, de László Gara, d'Aladár Tamás, d'Irén Komját, aussi bien que les ceuvres des artistes Bertalan Pór ou Marcel Vértes. L'organe du parti menace de persecution, dévait changer son titre quatorze fois, mais il persévéra dans la lutte et le travail. Parmi les revues littéraires, la plus importante fut 1'Üzenet (Annonce) rédigée par Aladár Tamás et éditée par le Cercle des écrivains hongrois de Paris. Le dernier numero de cette revue parut au mois d'aoűt 1939. Pendant l'occupation le parti communiste francais entré dans l'illégalité, les communistes hongrois commencérent, eux aussi, á travailler dans l'illégalité. Une dizaine de journaux lancés clandestinement pour encourager au combat font preuve de leur participation dans la Resistance. C'est grace á cette activité de la presse clandestine 504