Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

PÓCS, DÁNIEL: Giovanni Battista Naldini: Les Trois Grâces avec Amour. Un maniériste florentin sur la trace de Botticelli, Raphaël, Borghini

seignement de l'histoire d'Hélène et de Paris réside dans la dissuasion. Surtout à l'oc­casion de mariages dynastiques où les époux sont originaires de pays différents. Ce qu'il convient de retenir dans pareil cas c'est que, à la différence de l'exemple antique, le bon mariage doit apporter l'harmonie et la paix. On comprend donc la raison de l'apparition fréquente des Trois Grâces dans les représentations picturales des cortèges nuptiaux des souverains du XVI e siècle, surtout à Paris et à Florence. Le cortège nup­tial de Paris précédemment mentionné, et qui eut lieu en 1514, illustre également les occasions où la signification des Trois Grâces est contraire à celle liée au jugement de Paris. Lors de ces processions à Paris, la triade faisait partie du décor provisoire ornant la fontaine de Ponceau, et cela non seulement en 1514 mais jusqu'à la fin du siècle. 74 A Florence dans la seconde moitié du siècle, le mariage était le sujet des tableaux ornant la fausse façade construite devant le Palazzo Ricasoli, où défilait le cortège nuptial des Médicis. A cet égard, les deux événements les plus importants et les mieux documentés étaient les noces de François I er en 1565 et de Ferdinand I er en 1589. Selon des sources d'époque, Naldini participa à l'exécution de tous les deux tableaux de circonstance y ayant trait. 75 Le programme détaillé de la cérémonie de mariage de François I er de Médicis avec Jeanne de Habsbourg fut élaboré par Vincenzo Borghini. On sait des sources qu'avant de définir la thématique des décors, ce dernier avait étudié entre autres le déroulement des processions françaises. 76 Le cycle dédié à Hyménée, déesse antique du mariage, exposé devant le Palazzo Ricasoli, contenait cinq panneaux. La place d'honneur au centre y était réservée aux Trois Grâces, exécutées probablement par Bronzino. Après la mort de Borghini, son programme s'imposait à Niccolo Gaddi lors de l'organi­sation du cortège nuptial de Ferdinand I er de Médicis et de Christine de Lorraine en 1589. 77 D'après les descriptions détaillées et les estampes consacrées aux arcs de triomphes dressés le long de l'itinéraire, nous connaissons avec suffisamment de précision les sujets des re­présentations et les lieux d'apparition des décors provisoires. Le Palazzo Ricasoli servait là 74 Bryant, op.di. pp. 144-149. 75 Dans son compte rendu de l'événement de 1565 Cini, G., écrit: Descrizione delV Apparate? per le Nozze di Francesco de ' Medici: Batista Naldini giovane nella pittura eccelente, il quale fece i due quadri piccioli del sagrificio de ' Romani, e quello degli Auguri, e 7 grande nel mezzo di quelli di verso S. Gio­vanni ail' arco délia Religione, dove i putti venivano da Roma in Toscana per imparare..., v. Vasari (ed. Milanesi), 8, p. 619, Barocchi, op.cit. p. 286; sur les apparati voir en détail: sous la direction de Gaeta Bertela, G. - Petrioli Tofani, A., Feste e apparati Medicei da Cosimo la Cosimo II, Firenze 1969. Une lettre adressée par Borghini à Vasari nous apprend que, dans le cadre de l'apparato, on exposait des panneaux: Noi habbiamo messe tutte le Virtu, gli Dei, le Gratie, le Félicita a tavola..., v. Scorza, op.cit. p. 59; v. encore Pillsbury, E., The Temporary Facade on the Palazzo Ricasoli : Borghini, Vasari and Bron­zino, National Gallery of Art Report and Studies in the History of Art, 1969 (paru en 1970 à Washington), pp. 75-83. Dessin de Bronzino: « Les Trois Grâces, Junon, Vénus, Amour et d'autres préparent le lit nuptial », Paris, Louvre, Cabinet des Dessins, no d'inv.: 953, v. Pillsbury, op.cit. n. 8, les dimensions des panneaux projetés figurent sur une esquisse de Borghini (Pillsbury, op.cit., fig. 3, n. 6: Firenze, Biblioteca Nazionale Centrale), dans la partie inférieure on prévoyait des tableaux 8,5 x 6,5 de format braccia, beaucoup plus grands donc que celui de Budapest. 76 Scorza, 1981, op.cit. p. 68, n. 86. 77 V. Bertela-Tofani, op.cit. pp. 67-75; Strong, R., Art and Power - Renaissance Festivals 1450­1650, Los Angeles 1984, pp. 126-133.

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