Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

PÓCS, DÁNIEL: Giovanni Battista Naldini: Les Trois Grâces avec Amour. Un maniériste florentin sur la trace de Botticelli, Raphaël, Borghini

réalisation de la notion de conversio, propre à Ficin, supposition que prouverait, selon Mertens, l'attitude de la figure en question qui se tourne de l'avant-plan plongé dans l'obscurité vers la « lumière surnaturelle » du fond. 64 L'auteur semble oublier que le devant de la scène est éclairé par un jour éblouissant qui jaillit précisément du côté du spectateur ! Toujours selon lui et aussi Webbe, le regard de la première Grâce croise celui de l'Amour. A notre avis, elle regarde plutôt sa sœur située au centre. Le choix du sujet des trois Grâces par les artistes florentins du Quattrocento tardif illustre de ma­nière éloquente l'influence du néoplatonisme sur les objets d'art créés dans un envi­ronnement humaniste. 65 Nonobstant, il serait malaisé de déceler entre les écrits de Marsile Ficin et les représentations des Trois Grâces par les peintres du Quattrocento tardif et de la deuxième moitié du XVF siècle des liens aussi directs que ne le suppose Mertens dans le cas du tableau concerné de Naldini, qui ne peut être considéré comme une illustration littérale de l'œuvre de l'humaniste. Les quelques détails puisés à des sources extrêmement hétérogènes - comme l'orientation des têtes ou la robe des Grâ­ces - ne permettent guère d'établir avec fiabilité un quelconque parallèle entre les textes de Ficin et le panneau de Budapest. Le dilemme moral que soulève le choix judicieux est interprêté selon la philosophie néoplatonicienne dans une série d'esquisses de Naldini dont le programme fut con­servé par bonheur. Les dessins dont le titre, Giudizio sul Valore par Alessandro Cecchi appartiennent iconographiquement à la catégorie comprenant les différentes variantes du sujet relatif à l'erreur de Paris louant les vertus royales. 66 Du point de vue de la composition, le tableau de Budapest s'apparente à ces dessins. Ces esquisses et leur programme constituent donc le trait-d'union entre les précédents exemples à contenu moralisateur, les traditions issues de Ficin et l'œuvre de Naldini conservée à Budapest. Le programme des feuilles conservés actuellement au Louvre et à la Biblioteca Com­munale de Sienne fut élaboré par Vincenzo Borghini qui, conformément à son habi­tude, consulta et sélectionna minutieusement de nombreuses sources avant de proposer la représentation adéquate. 67 La scène appelée à glorifier le grand-duc François de Médicis prenait pour point de départ le sujet du jugement de Paris et les modes de composition traditionnels qui s'y rattachent. Dans l'esprit de Borghini, une figure as­sise sur le trône, peut-être Scipion faisant allusion à François de Médicis, remettrait en guise de pomme un spectre non pas à Vénus mais à Minerve. C'est la citation suivante qui pourrait servir d'explication et être mise en exergue: et dove prima si diceva: 'sia dato alla più bella ', questo havesse (per suo motto-Cecchi) : 'sia dato alla più valorosa ' : perché tutto questo giuditio è, non sopra la bellezza (o richezze), ma sopra il valore. 6 ^ Chez Borghini, on voit apparaître également la rectification du mauvais jugement et qui se rapporte, comme chez Ficin ou Burgkmair, à la personne du souverain. 64 Mertens, op.cit. p. 203. 65 Mertens, loc.cit.; Webbe, op.cit. p. 173. 66 Cecchi, A., Tnvenzioni per quadri' di Don Vincenzo Borghini, Paragone 33 (1982) pp. 89-97; Un dessin utilisé à plusieurs reprises v. Nova, op.cit. p. 94. 67 Concernant la méthode de travail de Borghini voir : Scorza, R A., Vincenzo Borghini and Invenzione : the Florentine Apparato of 1565, JWCI 44 ( 1981 ) pp. 57-75. 68 Cecchi, op.cit. p. 90.

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