Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 87. (Budapest, 1997)

PAPP, KATALIN: Edouard von Engert: Le Couronnement de François-Joseph Ier a Buda en 1867

peut être tenu pour certain que le peintre obéissait à des instructions précises, et qu'il importait pour lui de disposer avec soin les personnages, tout comme le fait que ces derniers soient reconnaissables. C'est l'unique esquisse connue de l'œuvre permettant de comparer la composition définitive au tableau lui-même. Sur l'œuvre achevée on ne découvre pas beaucoup de modifications ; seule la structure de l'avant-plan est deve­nue plus mouvementée, ce qui améliore l'impression d'ensemble. Les membres du gouvernement, alignés juste en face du roi, se trouvent mis en relief. 21 Il est curieux d'y apercevoir Ferenc Deák qui, comme on le sait, malgré son rôle eminent dans l'élaboration du Compromis, ne participa pas à la cérémonie. 22 Le Premier ministre Gyula Andrassy, remplaçant le palatin, la grande croix de l'Ordre de saint Etienne à la poitrine, se tient debout à gauche du couple royal, à un endroit privi­légié. D'autres dignitaires de l'Etat et de l'Eglise sont également faciles à reconnaître (fig. 38). L'identification des costumes militaires et des étendards a, pour la plupart, également eu lieu, mais nous nous dispensons de les énumérer ponctuellement. 23 D'après ce qui précède, nous pouvons tenir pour certain que, lors de l'exécution de la commande dont il fut chargé, Engerth s'efforça de peindre un document d'époque authentique. Il tâcha de répondre aux attentes du souverain qui lui avait conseillé de prendre pour modèle, quant au genre et au format de sa toile, la fresque de Fritz L'Al­lemand, réalisée en 1857 et exposée à Schönbrunn. 24 Tenant rigoureusement à une représentation fidèle de ses personnages il se vit contraint de les montrer dans des poses invraisemblables. Le cas éclatant en est la figure de József Eötvös, tournée non pas vers le couple royal mais vers le spectateur. Au tournant de 1870-1871, l'artiste passa plus de trois mois à Buda pour y faire des esquisses, mais les aristocrates hongrois devaient lui réserver un accueil plutôt frais, ce qui ne facilita pas l'avancement du projet. Même le comte Gyula Andrassy exigea qu'on le montrât non de profil mais de face. 25 C'est la raison pour laquelle Engerth juxtaposait les figures en guise de montage, suivant la gravure ou l'esquisse utilisée. Je suppose que la disposition moins serrée du groupe de ministres dans le tableau par rapport à l'esquisse s'explique par ce fait. Le peintre réussit ainsi à camoufler quelque peu le recours forcé à des modèles d'après d'autres artistes, et le fait de ne pas avoir utilisé ses propres études exécutées d'après nature. Le visage brossé à grands traits à l'épaule droite du roi doit, selon le témoignage d'une photographie d'époque, être un autoportrait. A cet égard, Engerth ne fait pas 21 Dans le premier gouvernement hongrois après le Compromis, l'héritage de 1848 fut représenté outre le Premier ministre, le comte Gyula Andrassy, avant tout par le baron József Eötvös, philosophe et politicien chargé du portefeuille de l'éducation et des cultes. Le ministre des Finances était Menyhért Lónyai, la Justice fut attribuée à Boldizsár Horváth, l'Agriculture, l'Industrie et le Commerce à István Gorove, l'Intérieur à Béla Wenckheim, le Travail et le Transport au comte Imre Mikó, et le ministre nommé auprès du Roi devint György Festetich. 22 Vasárnapi Újság (Journal du Dimanche), Pest 1867, p. 35 1. 2:1 En premier lieu d'après l'Album de Couronnement et les gravures présentées, ainsi que grâce à l'aide de Györgyi Cs. Kottra, collaboratrice du Musée d'Histoire militaire, que je remercie ici pour son obligeance. 24 Cat. Engerth, op.cit. (n.16) p. 86. 25 Cat. Engerth, op.cit. (n.16) p. 88.

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