Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 87. (Budapest, 1997)

B. SZABÓ, JÁNOS: Une toile oubliée d'Edouard von Engerth Réflexion sur l'iconographie de la bataille de Zenta

l'histoire hongroise fut traité un peu avant lui par Peter Johann Nepomuk Geiger dans un album de lithographies populaire, réalisé en commun avec l'historien Gusztáv Wenzel, qui pouvait servir de modèle au jeune peintre. 17 Le tableau d'Engerth - alors unique en son genre - figura parmi les 186 envois du Salon de Pest en 1847, 18 puis il fut suivi par Le couronnement de l'empereur Rodolphe de Habsbourg (1846), puis par Charles d'Anjou faisant capturer les fils de Manfred, une toile peinte entre 185 let 1853 en Italie dans un style encore fortement romantique. 19 A son retour en 1854, il fut nommé directeur de l'Académie de Prague, ce qui ne l'empêcha pas de maintenir ses contacts avec le cercle de Kupelwieser et de Führich. Il participa ainsi, aux côtés de son ancien maître, à l'exécution des fresques de l'église d' Altlerchenfeld de Vienne, un des chefs-d'œuvre de la peinture religieuse monumen­tale du romantisme tardif. 20 En 1860, il commença l'exécution de son immense toile, la victoire d'Eugène de Savoie à Zenta. Ce sont probablement certaines expériences acquises dans la vie artistique de Vienne qui incitèrent le peintre à rechercher de nouvelles voies.Un sérieux débat eut lieu vers le milieu des années 1850 entre les adeptes des deux courants de l'historisme au sujet des fresques du « Waffenmuseum » à aménager dans les murs de l'Arsenal fraîchement construit à Vienne. L'enjeu n'était pas mince, puisqu'il s'agissait là de la première importante série de commandes depuis longtemps en vue de réaliser des tableaux his­toriques de grand format. De 1853 à 1855, Cari Rahl, personnage influent entre autres de la vie artistique hongroise, élabora un programme iconographique grandiose pour les fresques du musée, censé proclamer l'unité des Allemands et de leur empire. Ce­pendant, le commanditaire, l'empereur François-Joseph, n'était pas content de l'aspect par trop théorique de ce programme abstrait, et tenait à en limiter la thématique à l'Autri­che et aux combats de la Maison des Habsbourg, quitte à privilégier une sorte de con­ception « documentaire ». C'est la raison pour laquelle, en 1858, la mise en œuvre fut finalement confiée non pas à Rahl mais à Karl Blaas, et le cercle auquel appartenait également Engerth ne parvint pas à faire changer cette décision. 21 D'après les événe­ments, il semblait que le choix de l'empereur ne fut pas motivé par un goût purement personnel. Les objectifs de la politique culturelle de l'Empire autrichien devaient cor­17 En 1915, le tableau était en la propriété de sa famille cf. Schickh. op. cit. (n.1 5); Geiger, P.N., Magyar és Erdélyország története rajzolatokban (L'histoire dessinée de la Hongrie et de la Transylvanie) /1842-1844/, fig. 9 : Le duel de saint Ladislas avec le chef militaire coman, Akus, 1089 ; Basics, B., A magyar történelemábrázolás problémái (Les problèmes relatifs à la représentation de l'histoire hongroise), Folia Historica 10 (1982) pp. 47—48 ; id., A honfoglalás és a magyar állam létrejöttének időszakát ábrázoló grafikák a Magyar Történelmi Képcsarnokban (Oeuvres graphiques représentant la période de la Conquête et la création de l'Etat hongrois à la Galerie de l'histoire hongroise), Folia Historica 16 (1992) p. 126. 18 Vahot, I., Pesti Divatlap (Revue pestoise de la mode) 1847, pp. 923-927. 19 Manfred ou Mainfroi était le fils naturel de l'empereur Frédéric II, le dernier Hohenstaufen sur le trône du Royaume de Naples et des Deux-Siciles. Il fut renversé en 1266 par Charles d'Anjou, venu de France, avec l'appui du pape. Le tableau fit partie de la collection impériale : Thieme-Becker op.cit. (n.15) p.549. 20 Kitlitschka, loc.cit. (n.15) p. 455. 21 Kitlitschka, loc.cit. (n.15) p. 461 ; Sinkó, loc.cit. (n.16) pp. 108-109.

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