Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 87. (Budapest, 1997)

EÖRSI, ANNA: Fuit enim Maria liber. Remarques sur l'iconographie de l'Enfant écrivant et du Diable versant l'encre

deux côtés du trône. La posture de la mère et du fils, tenant ensemble le livre devant le sein de la Vierge, et le geste solennel et cérémonieux avec lequel ils le montrent au spectateur rappellent la phrase de Jacques de Sarouge : la Vierge « nous livre son corps saint comme une feuille vierge, sur laquelle s'écrivit le Verbe lui-même. .. ». 46 L'analogie entre l'Incarnation et l'écriture repose sur ce que le spirituel devient pour ainsi dire matériel dans les deux cas. En dernière analyse, c'est ce qui est exprimé par la figure de l'Enfant écrivant. Mais il s'agit aussi de la glorification de la Vierge, qui a livré son corps au Verbe. Voilà pourquoi elle est entourée d'anges et de banderoles célébrant ses mérites; voilà pourquoi elle est souvent représentée plus tard avec une couronne et - en signe de sa pureté immaculée - avec les attributs de la Femme de l'Apocalypse. IV. La Vierge à l'encrier Vers 1400, un motif nouveau apparaît dans les ateliers de France : la Vierge tient parfois un encrier à la main. D'après Gorissen, la représentation la plus ancienne qui nous soit parvenue se trouve dans un livre d'heures à l'usage parisien, écrit en latin et en français. 47 Etant donné que l'enluminure est de petite dimension et qu'elle porte aussi la marque de l'intervention ultérieure d'une main non identifiable, il serait trop osé d'en tirer des conclusions de grande portée 48 Assis sur le genou gauche de la Vierge, l'Enfant Jésus nu tend sa main vers l'encrier que la Vierge tient devant son sein dans sa droite. L'image illustre les heures du Saint-Esprit, en particulier la prière com­mençant par « Doulce Dame de miséricorde, fontaine de tous bien qui portais iesu christ ». Elle est donc liée au thème de l'intercession. Le tondo de la Walters Art Gallery de Baltimore date probablement du début du XV e siècle (fig. 15). Miner l'attribue à un inconnu flamand qui aurait allié le style des enlumi­neurs de Paris à celui de la sculpture dijonnaise, tandis que Verdier y voit une œuvre sortie d'un atelier fortement marqué par l'influence de Brœderlam et des peintres de Cologne, où Herman Scheerre aurait également séjourné. 49 Représentée en Femme de 46 Voir la note 27. Sur les analogies entre le livre et le rouleau, voir Braun, J., Buch (Buchrolle) als Attribut, in Reallexikon zur deutschen Kunstgeschichte, begonnen von O. Shcmitt, Stuttgart I. 1937..., vol. II, Sp. 1339-1440. La miniature de Saint-Pétersbourg a de fortes affinités spirituelles avec un panneau exécuté vers 1330 et attribué à Bernardo Daddi (Joensuu, Joensuu Art Museum, Inv. n°210). Sur ce dernier, le trône de la Vierge et du Christ est entouré de six anges. Non seulement le Christ, mais la Madone pose aussi ostensiblement la main sur le livre ouvert devant Jésus, où l'on lit l'inscription suivante : « Im principio erat verbum et verbum erat apud deum et deus erat verbum hoc erat ». V. Offner, R., A Corpus of Florentine Painting. The Fourteenth Century. The Works of B. Daddi, sec. Ill, vol. III. Nouvelle édition de M. Boskovits en collaboration avec E. N. Lusanna, Florence 1989, pp. 358-361, Add. Pl. IV. 47 Oxford, Bodleian Library, Douce 62, fol. 17 lv. Cf. Pacht, O. - Alexander. J. J. G., Illuminated Manuscripts in the Bodleian Library, Oxford, Oxford 1966, p. 50, n° 637. Gorissen, op. cit., p. 254; Meiss, op. cit.. vol. II, fig. 742. 4ii Pacht - Alexander, op. cit., loc. cit. Le volume a été orné par le Maître des Initiales de Bruxelles et un de ses élèves. La miniature en question est attribuée au Maître Etienne Loypeau par Pacht et Alexander, et à l'atelier Luçon par Meiss. 49 Miner, op. cit.; Verdier, op. cit.

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