Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 86. (Budapest, 1997)
VADAS, FERENC: Schickedanz au Musée des Beaux-Arts
toire de l'art hongrois, paru il y a quinze ans, où figurent quelques notations biographiques sur les architectes de cette période, constitue l'unique repère en la matière jusqu'à présent. (Le chapitre en question a été rédigé justement par Eszter Gábor). 9 Il convient enfin de mentionner la rétrospective Miklós Ybl et son catalogue, comme un exemple et une référence plausible pouvant le mieux être comparée à l'entreprise visant Schickedanz : là, malgré une biographie fiable et des plans dûment répertoriés, la réalisation de l'exposition a nécessité les efforts conjugués d'une bonne demi-douzaine de spécialistes. 10 Jusqu'à un passé récent, les recherches n'abordaient pratiquement pas l'œuvre de Schickedanz. La seule chose que l'on pouvait savoir de lui, c'est qu'il était le concepteur de l'ensemble architectural et monumental de la place des Héros. Tout comme de ses illustres confrères de la même époque, dont la mémoire collective n'a gardé le nom - si toutefois elle l'a gardé - qu'en lien avec telle ou telle réalisation remarquable de Budapest. Grâce à l'exposition et au catalogue sorti à cette occasion, Schickedanz est devenu d'emblée détenteur d'un des œuvres architecturaux les mieux explorés avec des données plus abondantes - et surtout plus fiables - que ce n'est le cas de créateurs le dépassant en notoriété et en importance. Sa vraie place n'est en effet que dans la deuxième ligne de la grande génération d'architectes nés vers le milieu du XIX e siècle. Ce décorateur au goût raffiné, ce maître incontestable du dessin architectural, cet artiste aux dons multiples n'appartient pas à l'élite des concepteurs les plus inventifs. Sa carrière d'architecte se brisa à deux reprises: d'abord en raison des difficultés d'exécution du monument funéraire de Lajos Batthyányi, commande reçue peut-être trop tôt, ensuite à la fin de sa période d'effervescence ayant succédé à deux décennies de quasiinactivité dans le domaine architectural, 11 lorsque son style tomba définitivement en désuétude. Cette trajectoire professionnelle fort inégale fut rendue encore plus escarpée par des problèmes découlant, d'une part, de ses propres traits de caractère et, d'autre part, des circonstances extérieures. Plus que quiconque, cet artiste réservé, souhaitant élaborer personnellement le moindre détail, se trouvait à l'antipode de l'architecte typique de son temps, entrepreneur exécutant les commandes avec rapidité, s'adaptant avec souplesse au goût de ses clients, doté d'un excellent sens des affaires et des relations humaines. Il n'est probablement pas dû au hasard que le grand boom architectural, débutant à la fin des années 1870, le laisse sur la touche, et qu'on ne le trouve pas parmi les constructeurs d'immeubles alors fort sollicités. (Il en dessinera le premier à l'âge de 52 ans, et très peu également par la suite.) Apparemment, les bâtiments utili9 Németh, L., Magyar művészet 1890-1919 (Art hongrois 1890-1919) in Histoire de l'art en Hongrie 6, Budapest 1981, pp. 190-199. Concernant seulement l'historicisme tardif en raison du classement périodique employé dans le volume. Le tome traitant de la période antérieure n'a encore pas paru. 10 Ybl Miklós építész 1814-1891 (L'architecte Miklós Ybl 1814-1891). Exposition de la Fondation Hild-Ybl au Musée d'Histoire de Budapest. Sous la direction de Mária Kemény et de Péter Farbaky. Budapest 1991 (à part des résumés en allemand des études, le catalogue publie un aperçu en allemand sur l'architecte : Komárik, D.-Sisa, J., Miklós Ybl (1814-1891) op.cit. pp. 191-194. 11 II passe cette période en collaboration avec Fülöp Herzog dont l'efficacité en matière de gestion lui permet de construire davantage de bâtiments en dix ans qu'au cours des 40 années précédentes de sa carrière.