Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 86. (Budapest, 1997)
CZÉRE, ANDREA: Deux nouveaux paysages de Pier Francesco Cittadini
autres. 6 Durant son séjour à Rome (de 1645 à 1650, selon toute probabilité), il dut certainement découvrir un bon débouché pour ses œuvres, au point d'envisager de s'y fixer. Il n'abandonna ce projet qu'en raison de son mariage avec une Bolonaise en 1653. Malgré son établissement définitif à Bologne, ses toiles franchirent les frontières de cette ville et parvinrent - selon Oretti - jusqu'à Venise, Vérone, Rome, Naples voire même en France. 7 Comme on connaît très peu de ses œuvres et que la datation de celles qui existent se heurte à l'insuffisance des repères, il est presque impossible de reconstituer les étapes de son évolution artistique. 8 Nos connaissances sont particulièrement lacunaires concernant ses paysages. Les Saisons dont deux pièces sont conservées à la Collezioni Comunali a" Arte de Bologne et deux à la Galleria Estense de Modène, et qui étaient peintes encore à Bologne 9 probablement dans la première moitié des années 1640, ne répondent pas aux critères classiques d'un paysage, et sont plutôt des compositions de figures avec des éléments de paysage, entourées de guirlandes de fleurs et de fruits. 10 A leur sujet, on a l'habitude d'établir un parallèle avec les créations de Francesco Albani. Le paysage gagne en importance dans Loth et ses filles etl 'Ange apparaissant à Agar du Gemäldegalerie de Dresde, où se reflètent déjà les expériences accumulées à Rome, en particulier l'influence de Pier Francesco Mola. 11 Il devient encore plus dominant, en raison de la petitesse des figures, sur les deux peintures découvertes par Eugenio Riccomini chez des collectionneurs privés : Paysage avec personnages partant à la chasse (collection Boschi, Bologne) et Paysage avec caravane (collection Bevilacqua, Sasso Marconi). 12 Ces tableaux de grand format représentent à l'arrièreplan d'une scène de genre un vaste paysage, où l'on compte plus de détails réalistes que dans les œuvres similaires d'Albani, de Domenichino ou de Grimaldi, ce dernier connu pour son style décoratif. Comme l'a observé Riccomini, dans la vallée ensoleillée du fond du second tableau, on peut reconnaître la Villa Bevilacqua avec le pont y conduisant et le bloc de pierre de Sasso appartenant aux Appenins septentrionaux. 13 Non seulement la représentation topographique du paysage mais aussi sa mise en page et sa composition étonnent par leur modernité : les frondaisons transparentes - en raison de l'horizon surbaissé vu légèrement de bas - se découpent sur un ciel large, et le paysage baigné d'une lumière diffuse dégage une atmosphère de bonheur et de sérénité. Nous avons affaire là à un singulier mélange de pastorale et de paysage réaliste qui, de par sa composition et son atmosphère, préfigure la manière de plusieurs artistes bolonais du XVIII e siècle dont Nunzio Ferrajoli (1661-1735), 14 Donato Creti et Domenico Maria Fratta. 6 Malvasia 1961, op.cit. pp.70-71. 7 Riccomini, E., Pier Francesco Cittadini, Arte antica e modernet, n os 13-16 (1961) p. 362. 8 Riccomini, loc.cit. p. 367. 9 Crespi, L., Felsina Pittrice, Vite de'pittori bolognesi, Tomo III che serve di supplemento all'opera del Malvasia (Roma 1769), ed. Bologna 1980, p. 127. 10 Reproduit par Roio, loc.cit. figs. 169-174; Mazza, A., La pittura a Bologna nella seconda meta del Seiccnto, in Emiliani, A., et al., La pittura in Emilia e in Romagna. Il Seicento, Milano 1994, p. 248. 11 Reproduit par Riccomini, loc.cit. figs. 173 a, 173 b ; Roli, R., Pittura bolognese 1650-1800, dal Cignani ai Gandolfi, Bologna 1977, figs. 359 a, 359 b. 12 Reproduit par Riccomini, loc.cit. figs. 178 a, 178 b. 13 Riccomini, loc.cit. p. 371. 14 Sur son art voir : Roli, op.cit. pp. 197, 258 et figs. 360 a-b-c-d et 361 a-b.