Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 85. (Budapest, 1996)

PASSUTH, KRISZTINA: M. H. Maxy, figure clé de la peinture roumaine du XXe siecle et l'avant-garde internationale

Roumanie se situe entre 1920 et 1926, voire au sens plus strict, entre 1922 et 1925. Il en ressort que VHomme au chapeau (fig. 28) est issu de la période qui la précède, et les Ramoneurs (fig.42) de celle qui lui succède, les deux œuvres encadrant en quelque sorte les années révolutionnaires en question. A première vue, on y perçoit fort peu de l'élan qui les a caractérisées, et c'est précisément pourquoi elles posent quelques pro­blèmes fondamentaux relatifs à la périodisation de l'art moderne en Roumanie. Les sujets traditionnels rustiques ainsi que l'impressionnisme tardif et le symbo­lisme, seuls valables et admis pendant longtemps, avaient le dessus jusqu'à environ 1922 dans l'art roumain. L'atmosphère trépidante des métropoles et les courants artis­tiques novateurs (cubiste, futuriste, constructiviste ou dadaïste) ne firent irruption dans le pays (à l'exception du primitivisme) qu'après 1920, c'est alors qu'ils acquirent droit de cité quasi-simultanément pour se renforcer mutuellement. En Hongrie, leur percée s'effectua-du moins en partie-une dizaine d'années plus tôt, de 1911 à 1912, lorsque le groupe des Huit rejetèrent à la fois le style de l'école de Nagybánya avec celui du MIENK (Cercle des impressionnistes et des naturalistes hongrois) pour se forger un nouveau langage pictural autonome. Leur approche de l'art reflète une nouvelle façon de penser et un sentiment de vocation radical de l'artiste. La naissance d'une vision synthétique permit ensuite aux successeurs des Huit-dont aux activistes - l'élaboration spontanée, sans aucune influence extérieure de leur mouvement. Il s'agit donc d'une conception parfaitement moderne, au diapason de l'heure qui, après 1920, conduit tout naturellement à l'éclosion de courants artistiques internationaux se réclamant pour la plupart de l'avant-garde. Schématiquement, cela représente quatre étapes : l'entrée en scène des néoimpressionnistes de Nagybánya ( 1906), l'apparition des Huit ( 1909-1911). l'arrivée des activistes (1916-1917) et enfin la naissance de la peinture architecture (1921-1922). En Roumanie, l'ensemble de ce processus se déroule de manière beau­coup plus condensée en l'espace de trois ans (1922-1925). Durant cette période, on assiste à l'épanouissement rapide d'un mouvement artistique fertile en théories et en solutions picturales-typographiques-plastiques. M. H. Maxy fut la figure de proue et le moteur du renouveau artistique roumain, caractérisé par le dynamisme, le refus de tout compromis et résolument tourné vers le modernisme. Les curieuses contradictions de son style, la diversité de ses activités (en dehors de la peinture, il s'intéressa aussi au dessin, au théâtre, aux arts décoratifs et à l'enseignement) s'expliquent précisément par la richesse de sa personnalité. Ses multi­ples talents ne s'affirmèrent pourtant qu'après 1922-1923. Auparavant, de 1917 à 1919, Maxy travailla dans un esprit plutôt naturaliste, traditionnel, réalisant des œuvres stricte­ment figuratives d'inspiration populaire et naïve, dont tout problème fut de préférence évacué. Sa première exposition individuelle eut lieu en 1918, la seconde en 1920. 4 La thématique de ses premiers tableaux - peints de 1918 à 1921 - se réduit générale­ment aux figures et aux paysages. Les personnages et le milieu y forment un tout indisso­ciable, les compositions respirent une paix absolue et une harmonie parfaite. La pose rigide de YHomme au chapeau (fig. 28), représenté de face, avec sa mise en page traditionelle attestent l'influence du maître Josif Iser (Bucarest 1881-Bucarest 1958) sur un jeune talent encore malléable. Les touches dynamiques et peu élaborées, les surfaces 4 Oprea, P., M.H. Maxy (catalogue) Sala Dalles, Bucarest 1966. s. p.

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