Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 84. (Budapest, 1996)
TÁTRAI, VILMOS: Brefs commentaires sur six tableaux italiens
de charme, s'exprimant dans un langage propre au Quattrocento vénitien. C'est sur sa suggestion que Andor Pigler assigna l'œuvre en question à Pietro Veglia. 11 Or, de ce peintre nous ne connaissons aucune composition authentique permettant de faire une comparaison. Idem pour son frère Marco Veglia 12 au nom duquel on attache, sur l'avis de Fiocco et de Pallucchini, deux tableaux à sujet indéchiffrable de la collection Castello Sfrorzesco à Milan. 13 Nous devons donc réfuter l'attribution non démontrable de l'œuvre à Pietro Veglia, sans pour autant nous contenter définitivement de la désignation initiale de «Peintre vénitien». A mon avis, l'observation de cette pièce de la Galerie des Maîtres Anciens fait assez bien ressortir des traits stylistiques caractérisant l'art de Cima da Conegliano, ce qui permet d'y voir la main d'un de ses suiveurs. Etant donné la rareté des thèmes profanes dans l'œuvre de Cima, 14 ce panneau qui s'en inspire clairement peut prétendre ajuste titre attirer l'attention des chercheurs. 15 Le martyre de saint Sébastien de la dimension d'un autel domestique, notre troisième tableau choisi pour être commenté, constitue un vrai régal pour les amateurs de casse-tête en matière d'attribution (fig. 18). 16 Aucune reproduction de bonne qualité n'a encore paru de cette œuvre exposée en permanence au Musée Chrétien d' Esztergom, ce qui explique sans doute le peu d'empressement des chercheurs à lui trouver un auteur. Le catalogue du musée établi en 1964 la donne, d'après Tibor Gerevich, à l'entourage de Luca Signorelli. 17 Pour ma part, je ne puis y déceler nulle affinité avec l'art du maître de Cortone, ni même avec l'école ombrienne. Le nom que je propose n'est toutefois qu'une hypothèse, lui aussi. Dans l'approche qui est la mienne, l'étrangeté de ce tableau parlant italien avec un fort accent étranger, et irrégulier aussi sur le plan iconographique, la diversité et l'hétérogénéité des effets qu'il produit trahissent les hésitations d'un maître encore peu souverain. C'est ainsi que je suis parvenu à Vincenzo 11 Pigler. op.cit. (n. 1 ) p.728 ; Id., Barockthemen //, Budapest 1974, p.407. C'est Andor Pigler qui m'a appris (en juillet 1988) que l'attribution de l'œuvre à Veglia est fondée sur l'avis de Baldass. 12 Voir l'article de Veglia, Marco in Dizionario Enciclopedico Bolaffi...XI, Torino 1976, p.278, qui renvoie à l'encyclopédie de Thieme-Becker, elle-même se référant à certains guides anciens mentionnés par Testi L., dans son ouvrage paru en 1915 et consacré à l'histoire de la peinture vénitienne, La Storia délia pittura veneziana H. Il divenire, Bergamo 1915, p. 85., p. 87. 13 Fiorio, M.T. - Garberi, M., La Pinacoteca del Castello Sforzesco, Milano 1987, p.244 a,b. Les deux tableaux formant des pendants avec la Lucrèce de Budapest, qui n'ont d'ailleurs aucun lien stylistique pouvant les faire dériver d'un même atelier, figurent aussi dans la photothèque du Kunsthistorisches Institut de Florence comme les œuvres de Marco Veglia sous les titres Kadmos /?/ tue le dragon ; Le combat des Horaces et des Curiaces. Il est difficile de comprendre que des tableaux formant des pendants puissent avoir des sujets aussi éloignés l'un de l'autre. 14 Sur les œuvres d'inspiration mythologique de Cima voir la présentation détaillée et inscrite dans un contexte large de Humfrey, op.cit. (n.2) pp.54-60. 15 Dans le catalogue sommaire de nos tableaux italiens, français et espagnols, j'ai enregistré cette œuvre sous le nom d'un suiveur de Cima mais, à cause de sa rareté, j'ai estimé nécessaire d'ajouter là aussi quelques notes explicatives. Museum of Fine Arts, op.cit. (n.l) p.26. 16 Esztergom, Musée Chrétien, n°d'inv. : 55.205. Détrempe sur bois, 36,5 x 27,5 cm. 17 Boskovits, M. - Mojzer, M. - Mucsi, A.,Az Esztergomi Keresztény Múzeum Képtára (Pinacothèque du Musée Chrétien d'Esztergom). Budapest 1964, p.69.