Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 83. (Budapest, 1995)
CZÉRE, ANDREA: Contribution a Fart de dessin de Sisto Badalocchio
sacra conversazione, où la Vierge est entourée de saint Matthias et de saint François (fig. 63), destinée à un autel d'église et quelque peu oubliée par la littérature spécialisée, bien qu'elle figure à l'exposition permanente de la Galleria Nazionale de Parme. 20 Edit Hoffmann, une des premières conservatrices du Cabinet des Dessins et Estampes du Musée des Beaux-Arts de Budapest, y a rattaché une composition dessinée, conservée dans les collections (fig.65). 21 Concernant la date d'exécution du tableau, des repères sont fournis par les données relatives à sa provenance et à son style. Après avoir orné un des autels de l'oratoire Sainte-Anne jusqu'en 1913, année de sa fermeture, il passa à la pinacothèque de Parme. La courte histoire de l'oratoire est relatée dans l'écrit de Felice da Mareto consacré aux églises et aux cloîtres de Panne. 22 L'oratoire Sainte-Anne appartenait auparavant à la confrérie Saint-Matthias qui l'avait élevé en 1613 avant d'en faire son siège autonome en 1617. Manifestement, le tableau placé dans l'autel de la première chapelle à gauche, et où on voit, entre autres figures, l'apôtre saint Matthias, date de l'époque où l'église était la propriété de la confrérie du même nom. La figure de l'apôtre y occupe le premier plan du champ gauche avec son attribut, l'instrument de son martyre, la hache. L'artiste fait allusion à son élection par Dieu dans le collège des Apôtres à travers un faisceau de lumière émanant du Saint-Esprit qui le désigne. Ce mode de représentation correspond aux idées contenues dans la Légende dorée et renvoie à l'opinion de Dionysius Areopagita, disciple de saint Paul, selon qui le sort par lequel Matthias fut désigné pour remplacer Judas dans le collège des Apôtres doit être interprété comme un rayon de lumière que Dieu lui avait envoyé. 23 L'exécution du tableau devait avoir lieu à une date probablement plus rapprochée de l'installation de la confrérie dans le bâtiment (1617) que de la construction de ce dernier (1613). C'est en 1617 que Badalocchio se fixa définitivement à Parme. Compte tenu des spécificités artistiques du tableau, les types de personnages y représentés se retrouvent souvent dans les œuvres des années 1610. Ainsi la tête de l'apôtre saint Matthias constitue une variante de celle que l'on voit dans la fresque ornant la coupole de S. Giovanni Evangélista de Reggio nell'Emilia sur laquelle avait travaillé notre artiste en 1613. 24 A propos du dessin de Budapest, Philip Pouncey soupçonnait déjà qu'il s'agit d'une copie. 2 ' Ce soupçon que lui avaient inspiré la qualité médiocre le l'œuvre est devenu certitude, lorsque l'auteur des présentes lignes découvrit l'étude de composition originale 2(1 N" d'inv.: 1192, huile sur toile, 218 x 134 cm; Hoffmann. E., A Szépművészeti Múzeum néhány olasz rajzáról (Sur quelques dessins italiens du Musée des Beaux-Arts) (Über einige italienische Zeichnungen im Museum der bildenden Künste) in ,4 Szépművészeti Múzeum Évkönyvei (Annales du Musée des Beaux-Arts) (1927) pp. 148 et 152, fig. 39; Quinlavalle, A.O., La Regia Galleria dt Parma, Roma 1939, pp.68-69; Maestri della Pittura del Seicento emiliano loc.cit. p.233. 21 Hoffmann, loc.cit. (n.20) iig.38. 22 Feiice da Mareto, Chie.se e Convenu di Parma, Parma 1978, pp. 231-232. Je remercie Lucia Fornari Schianehi des informations fournies sur le tableau. 23 Voragine, J. da. Legenda Aurea. Szentek csodái és szenvedései, (Miracles et souffrances des saints) Budapest, 1990, p.80; Voragine, J. de. Legenda Aurea. Vulgo história lombardica dicta. Ad oplimorum librarian fidem. Ed. Th. Graesse. Drezda 1890. facs. ed. Osnabrück 1969, p. 187. 21 Cf. avec les têtes des apôtres aux pieds du Christ dans la fresque de coupole, l'Ascension: Bentini, J. Mazza, A.. Disegni Emiliani del Sei-Settecento. I grandi cicli di affreschi, Cinisello Balsamo (Milano) 1990, fig. 12. 2-1 L'opinion de Ph. Pouncey et marquée par I. Fenyő sur le carton de description du dessin.