Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 82. (Budapest, 1995)

GABODA, PÉTER: Conclusions historiques (et muséologiques) du trajet d'une statue égyptienne

CONCLUSIONS HISTORIQUES (ET MUSÉOLOGIQUES) DU TRAJET D'UNE STATUE ÉGYPTIENNE (CONTRIBUTIONS AUX ACTIVITÉS DE COLLECTIONNEUR DE L'ÉMIGRATION HONGROISE À L'ORIENT ET DE LA DIPLOMATIE SCIENTIFIQUE AU XIX e SIÈCLE) Hommage à János György Szilágyi Quoique les origines de l'égyptologie proprement dite en Hongrie ne remontent qu'à la deuxième moitié du XIX e siècle, il faut compter avec des traditions erronées qui persistaient longtemps. A propos de la statue du prince héritier Chéchonq offerte en 1862 au Musée National de Hongrie - et conservée actuellement au Musée Hongrois des Beaux-Arts - on connaît deux affirmations: 1 le donateur généreux fut nommé Dániel Sipos; il fut le jardinier de Fouad Pacha d'Egypte. L'étude critique des sources muséologiques révèlent qu'il s'agit là d'une tradition fausse sur plusieurs points. Le Journal d'entrée du Musée National, version originelle de la source, ne mentionne en 1862 ni le prénom de Sipos ni la nationalité de Fouad Pacha. 2 On rencontre la nouvelle version en 1939, dans le Guide de l'Exposition égyptienne ouverte dans la même année. Dans le Guide, le donateur (Sipos) se voit attribuer le prénom de l'expéditeur de la pièce (Dániel Szilágyi, "libraire de Constantinople") 3 sur une toile de fond égyptienne 4 (par simplification; objet égyptien => pacha égyptien). D'après l'inscription - invocation à la divinité Osiris-Apis - on n'a pas exclu cependant la possibilité que la statue ait été découverte au Sérapéum de Memphis. Relevant ce nouveau défi, j'essaie d'éclaircir la situation historique en toile de fond de la transmission de ce monument 5 pour arriver au site supposé de la découverte: le Sérapéum de Memphis où des fouilles ont été menées par Mariette. Tout en traçant le trajet parcouru par cette statue, je tenterai d'esquisser les deux domaines de la collection des antiquités égyptiennes en Hongrie: les donations faites par l'émigration hongroise à l'Orient et les succès de la diplomatie scientifique hongroise aux années 1860. Une figure exemplaire d'origine roturière de l'émigration hongroise à l'Orient: György Sipos Parmi les combattants de la guerre d'indépendance de 1848^49 contre les Habsbourg qui se sont réfugiés, après l'échec, dans l'Empire Ottoman, on trouve un homme qui, malgré son origine roturière, a pu non seulement se faire une nouvelle existence - devenant l'employé de Fouad Pacha turc connu pour son hungarophilie ­1 N° d'inv.: 51.2050. 2 Magyar Nemzeti Múzeum, Journal d'Entrée 1862/114. 3 Oroszlán, Z. - Dobrovits, A., Az Egyiptomi Gyűjtemény, Budapest 1939, p. 19. 4 Oroszlán-Dobrovits, op.cit. p. 32. 5 Pour l'étude égyiptologique de la statue, cf. l'article d'I. Nagy dans ce même volume.

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