Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 80-81. (Budapest, 1994)

MÓRÉ, MIKLÓS: Compte rendu de la restauration du retable de la Vierge en trône, a l'Enfant avec cinq saints et deux anges par Andrea del Verrocchio

plastique du fond et la stylisation résolue trahissent, à n'en pas douter, la main d'un spécialiste. L'on peut distinguer là l'un des collaborateurs. Dans la représentation des figures, on procéda ensuite, conformément au métier de l'époque, au dessin des détails et à la mise en place des couleurs de fond. C'est alors que devait intervenir le maître, peignant à son tour le visage de la Vierge, la coiffe transparente couvrant sa tête, ses mains, l'enfant Jésus, le visage et la dextre levée au ciel de saint Dominique, puis le portrait le plus important, celui de saint Jacques. Il incomba à un autre assistant fort compétent de réaliser, dans le sillage du maître, les figures de saint Augustin, de saint Pierre Martyr et peut-être de sainte Catherine, ainsi que le visage des anges. Cette main a une manière de peindre plus dure avec des contours plus rigides, différant du tracé habituel de Verrocchio. On lui doit également le manteau de saint Augustin, beaucoup mieux rendu que les autres draperies. Le traitement de ces dernières constitue d'ailleurs la partie la plus faible de l'oeuvre. Il y a lieu de noter que le rendu et le type des mains de la Vierge de Londres 4 attribuée à Biagio d'Antonio par G. Passavant dans sa monographie de Verrocchio, tout comme les plis de sa chape ressemblent beaucoup aux détails plus faibles cités précédemment (le mode de traitement, l'agencement structurel des mains servent souvent de bonnes bases de comparaison). Ajoutée à d'autres preuves, l'hypothèse de Passavant peut être admise concernant la collaboration de Biagio d'Antonio dans la réalisation de notre retable, même si elle se limite à quelques détails mineurs (fig. 37). Pour en revenir aux parties moins réussies, l'on critique surtout les plis non justifiés sur le manteau bleu de la Vierge, car ceux-ci contrastent avec les draperies à structure logique et à arrangement harmonieux de Verrocchio (fig.38). Non moins gênant est le modelage hésitant et maniéré de certaines mains, comme l'on pourra s'en convaincre aisément en comparant la main droite de saint Dominique, exécutée par le maître, à l'un des détails critiqués, la dextre de saint Jacques. Notre retable n'est donc pas le fruit du travail continu d'un seul peintre, mais bien une oeuvre menée à bien graduellement avec la collaboration d'une main différente pour chaque détail. Il est à noter encore que l'emploi du temps de Verrocchio était surchargé jusqu'à la fin des années 1470 et même au-delà. Cela peut expliquer, dans le cas de notre tableau aussi, qu'il ait fait appel à un si grand nombre de collaborateurs. A la recherche d'autres analogies, nous pouvons établir des parallèles avec les Vierges de Berlin et de Francfort dues à Verrocchio. Les similitudes stylistiques et techniques sautent particulièrement aux yeux quant à la représentation de Francfort, excepté pour le détail du manteau bleu. Par contre, dans tous les trois tableaux, nous voyons les mêmes paupières légèrement gonflées des yeux baissés et le même arrangement décoratif de la coiffe en tissu diaphane. La coiffe figurant dans notre retable fut - pour des motifs aujourd'hui énigmatiques - repeinte par l'artiste ayant réalisé le manteau bleu, lequel épargna pourtant, volontairement ou non, quelques détails montrant les tempes, le cou et la nuque. Plus tard, ce repeint devint fort lacunaire par suite d'un nettoyage trop destructeur. On a vu ainsi réapparaître le motif de la coiffe mais mélangé avec les restes du manteau 4 Passavant, G., Verrocchio, sculture, pitture e disegni. Tutta l'opéra, London 1969, App. 51 („Madonna recentemente presso antiquari di Londra")

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