Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 79. (Budapest, 1993)
PASSUTH, KRISZTINA: Rodtchenko et Stepanova: dessins constructivistes au Musée des Beaux-Arts
Quoique la série des « Figures » de Stepanova soit riche, et qu'elle attire une bonne partie de son attention dans les années 1919-1921, si bien que l'artiste ne présente que des œuvres « figuratives » à l'occasion de la fameuse exposition «5x5 = 25 » de Moscou en 1921, 9 elle crée, en même temps, des feuilles diamétralement contraires au style géométrique. Elle réalise des œuvres au maniement parfaitement libre au pinceau, dégagés de toutes les contraintes anguleux, dont la « Composition » qui fait partie de la collection du Musée des Beaux Arts (fig. 50). Ce dessin, avec son surprenant esprit de grande allure, donne l'impression qu'il a été créé d'un seul geste. Les cercles concentriques, formés de haut en bas et quasiment fermés par une boucle instantanée, sont complétés par des rayures plus sombres qui signifient la gravitation terrestre opposée à la forme ajourée qui signifie l'apesanteur. Lorsqu'on veut définir la place de cette œuvre étrange dans l'art de Stepanova et au-delà, dans l'art russe de l'époque, le point de repère est qu'il est différent des autres tableaux peints. Le dessin de Stepanova recourt plutôt au geste de l'écriture, à son automatisme, à son effet esthétique qu'à la peinture. L'expression par manuscrit comme une manière d'accomplissement pour l'artiste devient aussi importante que pour ses précurseurs, les poètes futuristes de la Russie. Pour retrouver cette forme d'expérimentation, le point de départ était les livres du peintre Olga Rosanova et de son mari, Aleksei Kroutchonykh. Publiés par les artistes dans les années d'avant-guerre, ces livres manuscrits ou estampillés étaient reproduits par lithographie p. ex. «Explosion» (première édition en 1913, la deuxième en 1914). 10 Le livre comme unité absolue a disparu après l'explosion faite par les futuristes. Les exemplaires des livres produits « en manufacture » se distinguaient manifestement. La lithographie sur papiers différents et la décoration par des illustrations différentes permettent d'envisager chaque exemplaire en tant qu'œuvre d'art autonome. L'artiste a préparé les ébauches du livre et il l'a aussi réalisé manuellement, en pratique, y compris les dessins qui étaient le plus souvent des œuvres d'art unique. En 1918, lors du commencement de la création des livres et des illustrations de livres par Stepanova, la société artistique russe et Stepanova pareillement ont dépassé l'explosion futuriste. Par sa poésie visuelle elle revêtait chaque son (lettre) et chaque mot d'un caractère autonome. 11 Dans l'espace entre des fragments de mots, situés librement dans toutes les directions, des rayures, des croix ainsi que des cercles de couleur formés dans les grandes largeurs et -— trait caractéristique de son œuvre — des structures de lignes croisées se rivalisent en désordre apparent. Les mots dessinés au pinceau ont la même importance visuelle et esthétique que les figures (schémas) si peu distinctes. La technique cependant, n'est pas la même. Ainsi à « Gaustchaba » (1918) on retrouve des collages et des lignes désordonnées et peu consistantes, peintes à l'encre en majuscule sur papier journal. A l'occasion de « Rtny khomle » (1918, 9 5 x 5 = 25, Moscou, Club V.S.P. Tverskaia, sept. 1921. Réédition du catalogue : Milner, J. , The exhibition 5 x 5 = 25, its background and significance. Budapest 1992. 10 Compton, P. S. The world backwards. Russian futurist books 1912-1916, London 1978 ; cet ouvrage développe abondamment les différentes versions. 11 Kowtun, E. F., Varvara Stepanova's Anti-Book, in : From Surface to Space, Cologne 1974, pp. 57-76.