Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 79. (Budapest, 1993)

CZÉRE ANDREA: Valentin Lefebre dans la sphere d'attraction des arts vénitien et romain

Christie's a été exécuté d'après la composition de Lefèbre sur Neptune (le détail du coin droit n'est pas reproduit). 68 Cette feuille corrobore la thèse selon laquelle il existait une fresque de décoration accessible également à des copistes. Loth se fixa en 1656 à Venise et entretint des rapports animés avec les commanditaires et artistes allemands. Au nombre de ses disciples compta Michael Rottmayr ayant séjourné en Italie, surtout à Venise, de 1674 à 1687. C'est pendant cette période que le maître lui fit découvrir la décoration de Lefèbre sur Neptune. La composition originale en forme de lunette tronquée épousa, dans l'adaptation de Rottmayr, les contours d'un médaillon lobulaire étiré. Sa première fresque ainsi réalisée en 1689 à l'issue de son voyage d'étude en Italie servit à décorer le plafond de la salle des chevaliers à la résidence archiépiscopale de Salzburg. 69 Illustrant les métamorphoses de ce genre de composition au niveau de la signification et de la fonction, la version de Rottmayr — selon le témoignage des décorations qui l'entourent — se présente en outre comme l'allégorie de deux éléments : l'eau et l'air. Jusqu'alors on ignorait que le modèle tant de Rottmayr que de Loth était une œuvre de Lefèbre. L'établisse­ment d'une telle filiation, au-delà d'enrichir nos connaissances relatives aux sources d'inspiration de Rottmayr, administre une nouvelle fois la preuve, comme quoi cette fresque ayant apparemment exercé une influence notable avait bel et bien existé — peut-être existe-t-elle toujours — au fond d'un des palais vénitiens. Vu son sujet, sa dimension et son style, l'autre feuille de Munich que nous pub­lions ici, Vattaque des harpies (fig. 31), 70 aurait également trait au groupe d'Enée. Dans la collection, il est inventorié en tant que l'œuvre d'un artiste italien anonyme du XVII e siècle. En tout cas, un dessin attribué à l'un des suiveurs de Lefèbre, probablement une variante de L'attaque des harpies 11 conservée à Munich, a trouvé acquéreur lors d'une vente londonienne organisée en 1986 chez Christie's. Notre hypothèse se fonde sur le fait que le sujet, la dimension et le format des deux œuvres en question sont strictement identiques. Toutefois, faute de disposer d'une photo ou d'une reproduction à l'appui, ni d'indication relative à l'endroit où elle se trouve actuellement, il nous est impossible, pour le moment, de pousser plus loin nos inves­tigations en vue de clarifier la nature de cette filiation. Le lavis de la feuille de Munich est dépourvu — nous semble-t-il — de la régularité décorative s'ordonnant en raies qui caractérise généralement les dessins de Lefèbre. Il n'est donc pas à exclure que la feuille surgie chez Christie's soit l'original. ANDREA CZÉRE Traduit par Judit Chehadé 68 Christie's, Londres, le 1 er juillet 1986, : Important Old Master Drawings, n° 187, plume, encre brune, gouache blanche sur carton gris brun, 291 x 409 mm. 89 Hubala, E., Johann Michael Rottmayr, Wien-München 1981, pp. 1-32, fig. 49. 70 Staatliche Graphische Sammlung, Munich, n° d'inv. : 41564 Plume, encre brune, lavis brun, 317 x 460 mm. 71 V. le catalogue de la vente citée sous la n. 67, n° 325.

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