Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 76. (Budapest, 1992)
TÓTH, FERENC: De Picasso au Greco dans un miroir post-moderne. Trois expositions au Musée des Beaux-Arts
* Les personnes souhaitant étudier l'art espagnol des dernières années ont pu voir une sélection quelque peu plus large grâce à l'exposition itinérante arrivée de Madrid, à travers Zagreb, pour être présentée à Budapest, et par la suite à Vienne. Les cinq artistes y inclus représentent vraiment des formes d'expression et des goûts les plus divers (fig. 42). Le maître le « plus âgé » est Joaquin Capa, 50 ans, qui, par ses œuvres graphiques, continue les meilleures traditions historiques — à savoir dans la mesure ou Tapies fait déjà partie du passé. C'est pour exprimer des passions semblables qu'il gratte, tourmente, attaque et ronge la surface du papier comme cela a été le cas pour le grand prédécesseur, néanmoins avec la différence que son coloris est par endroit bien plus nuancé et n'est par réduit au noir et au brun. Les œuvres des deux autres artistes, Francisco Berdonces et Javier Chapa Villalba témoignent également des traces ineffaçables de l'informel dans la jeune génération, même si l'informel est repensé dans un différent contexte. Afin de varier la surface de ses reliefs de couleur unie, mais dont la facture est exécutée en couches d'autant plus brutales, Berdonces a recours à des matériaux extrêmes comme les cheveux : ailleurs il fait exploser une construction close, géométriquement articulée en appliquant des bûches grossièrement colorées aux teintes trop crues. La même ambiguïté (un certain éclectisme, peut-être) se fait prévaloir dans les peintures à l'acrylic de Javier Chapa. Une construction géométrique dessinée avec une précision d'ingénieur, des formes comprenant des carrés imbriqués les uns dans les autres et détournés, alors que les champs sont chaque fois remplis de couleurs différentes constitue la structure de base de ses tableaux. Or, ce qui rend cet ordre rationnel incertain — et ce qui fait que la mentalité méditerrannéenne et surtout espagnole est tout de même sauvegardée — est le coloris extrêmement dynamique, voire criard des surfaces, la matérialité même des couleurs dont la vitalité se trouve en net contraste avec le puritanisme de la forme. Dans les paysages de Vargas que l'on jugerait à premier abord conservateurs, la tradition suivie est toute différente. Elle est apparantée à la peinture de paysages du XIX ème siècle, mais le peintre se concentre entretemps pour ranimer le spiritualisme au cours duquel l'action de peindre fait oublier le sujet. La fièvre de la création est pour ainsi dire le véritable but de l'œuvre, en conséquence le sujet le plus objectif devient aussi personnel. Un seul artiste de l'exposition peut vraiment être considéré comme faisant partie du flux international de l'éclectisme, conformément à ce qui avait été promis au catalogue; cet artiste est sans équivoque pénétré par l'esprit des temps post-modernes : il s'agit de Guillermo Perez Villaita qui avait jadis atteint un rang international avec ses tableaux de scènes absurdes, cette fois-ci il a été représenté par ses sculptures. Ces objets témoignent de la nostalgie du passé, de l'attrait pour les ustensils des différentes cultures historiques. Semblablement à ses tableaux, ses objets sont caractérisés par des détours de forme qui rendent perplexe le visiteur. L'artiste révèle un monde de goûts plein de contradictions, y fait un mélange de fonctions et d'intellectualité. Par contre, ces outils inutiles et non utilisables, sont précisément par leur présence objective, par leur objectivité, chargés d'humour et d'esprit.