Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 75. (Budapest, 1991)
GONDA, ZSUZSA: A propos de la page 15 de la Bible Illustrée de Julius Schnorr von Carolsfeld
philologie grecque et latine, il apprit des langues orientales, s'initia à l'égyptologie, participa au dépouillement scientifique des monuments d'art romains, et à la mise sur pied de l'Institut d'Archéologie. Pendant toute sa vie il ne cessa de s'intéresser à la théologie et à l'histoire de l'Eglise. En libéral convaincu, il entra en lice pour la liberté de la conscience et de la presse, tandis qu'en homme politique il s'efforçait de cimenter les rapports de l'Angleterre et de la Prusse dans l'esprit de l'œcuménisme protestant. La carrière de Bunsen avait commencé à Rome où il avait travaillé d'abord (dès 1817) comme secrétaire du célèbre historien Niebuhr auquel il succéda en 1824 dans le poste de l'ambassadeur de la Prusse auprès du Saint Siège. Il souhaitait faire de sa maison sur le Capitale — le Palais Caffarelli — un centre de la vie intellectuelle protestante. Parmi les personnages qui fréquentaient sa maison il y eut non seulement des Allemands mais aussi d'illustres Anglais et Américains (entre autres Wordsworth, Walter Scott, Newman). La chapelle de l'ambassade qu'il avait installée lui-même attirait également beaucoup de monde, vu que c'était là le seul endroit où le culte protestant fût célébré. Avec deux de ses amis également artistes Schnorr vint habiter le Palazzo Caffarelli en 1819. Après deux années marquées par des maladies et le mal du pays, il trouva dans le cercle de Bunsen enfin un véritable foyer. Dans les lettres qu'il envoya aux siens 23 il relate sur un ton enthousiaste la vie de la petite communauté et il vante les mérites de Schmieder, le pasteur de la communauté qui présidait les réunions auxquelles deux fois par semaine Schnorr, Bunsen et sa famille lisaient ensemble la Bible. C'est ainsi que le « diplomate savant » avait pu suivre dès le début le sort de la Bible Illustrée. Son intérêt était motivé entre autres par des raisons personnelles. Dans l'œuvre de Schnorr il crut voir la réplique de son propre ouvrage magistral, les commentaires de la Bible en huit volumes. 24 Bien que le volume relatif à la Genèse ne parût qu'en 1860, année de sa mort, il est intéressant d'évoquer les vues de Bunsen sur le mariage des fils de Dieu et des filles des hommes, sujet qui l'avait occupé dès les années 50. II refusait catégoriquement la théorie sur les anges qu'il réprouvait mais qui était réapparu chez certains auteurs, et il n'admettait pas l'idée qu'il s'agissait ici du réfléchissement de la hiérarchie sociale non plus. Il mit en relief une des contradictions de la théorie des descendants de Seth et de Caïn, à savoir le fait que Lamech figurait sur chacune des deux listes des descendants. Cette dualité une fois éliminé, il part de cette explication. A son avis l'importance et la morale de ce récit sont à chercher dans le fait qu'il raconte le mélange des peuples. 11 n'y voyait rien qui pût être reprehensible du point de vue moral, au contraire insistait sur l'aspect positif de l'épisode : « Insbesondere wird die Thatkraft und das Selbstvertrauen der Männer durch eine solche Verschmelzung von Stammtypen gestärkt. .. Das ist die Erscheinung welche die ehrwürdige Urkunde uns auch aus der ältesten Welt berichtet. » 25 Dans le même ordre d'idées il s'étend sur les conséquences, sur le mélange des langues, 23 Schnorr, Briefe, op. cit. pp. 161-163, p. 167. 24 Vollständiges Bibelwerk für Gemeinde (3 Abt., 8 Bde.) Hrsg. von H. J. Holtzmann, Leipzig 1858-1870. 25 Bibelwerk, op. cit. Abt. 2 Bibelurkundcn, Bd. 5. Das Gesetz und Aeltere Propheten, Leipzig 1860, p. 53.