Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 74. (Budapest, 1991)

SZILÁGYI, JÁNOS GYÖRGY: Le legs d'András Alföldi

Mais au fur et à mesure que les premiers grands ouvrages d'Alföldi le plaçaient au point focal des travaux scientifiques internationaux et que ses connaissances spé­cialisées, acquises fort tôt et extraordinairement ramifiées, le conduisaient à s'attacher à des problèmes de plus en plus universels, le fossé qui séparait les deux pôles de cette alternative allait se rétrécissant. Il transforma en section d'archéologie de la Hongrie historique la chaire dont on le fît titulaire en 1930 à l'Université de Budapest, en excluant totalement la recherche sur les autres domaines de l'archéologie antique (qui ne faisaient l'objet d'une chaire nulle part en Hongrie). Il distribua à titre de sujets de thèse les différents domaines de l'archéologie pannonienne parmi ses élèves, et consacra une partie non négligeable de ses forces à entretenir des polémiques stériles avec les chercheurs roumains sur la question de la continuité daco-romaine. Mais une extension extraordinairement rapide de son horizon scientifique et sa réceptivité à l'égard de la compréhension des nouveaux processus effrayants de l'his­toire universelle qu'il voyait se dérouler autour de lui devaient le faire se retourner de plus en plus résolument contre l'idée de la « recherche scientifique d'orientation nationale » à laquelle il restait encore attaché au niveau des déclarations. C'est dans le contexte de cette dualité que virent le jour ses œuvres, publiées pour la plupart dans des revues étrangères, dont la série commença par une étude sur la IV ème Eglogue de Virgile sortie en 1930, la même année que celle sur « L'Hégémonie de la Pannonié », (Pannónia világuralma), avec ensuite des travaux (fondamentaux de nos jours encore) sur la symbolique des insignes et du costume des empereurs romains. Le fait qu'il se tourna avec une attention croissante vers une interprétation basée sur la totalité des sources disponibles, consacrée aux processus universels répercutant la crise de l'empire romain et l'apparition du christianisme, témoigne du mûrissement de cette synthèse. En 1937, on trouve dans les Dissertationes Pannonicae, dont le titre indique assez les objectifs, aussi bien l'étude d'Angelo Brelich intitulée Aspetîi della morte nelle iscri­zioni sepolcrali deliImpero Romano que l'analyse consacrée par Alföldi au culte romain d'Isis au IV e siècle. De même, le recueil Laureae Aquincenses, publié en 1942 sous la direction d'Alföldi, fait notamment place à l'étude de Károly Kerényi Laby­rinthos. 11 devait reprendre l'enseignement de l'histoire antique universelle à la suite du décès du professeur titulaire de la chaire d'histoire antique, en 1941, et il parvint à convaincre successivement Carlo Anti et Paolino Mingazzini à donner des cours d'archéologie classique à l'Université de Budapest à titre de professeurs invités. C'est durant ces années de modification de trajectoire qu'il acquit ses vases et ses terres cuites grecs. On trouve en tout et pour tout dans son œuvre une seule trace de leur existence, sous forme d'une petite communication datée de 1939, dans laquelle il parle d'un nouveau procédé de reproduction des vases grecs {AA 1939, pp. 552-557). Ceux-ci représentaient beaucoup plus pour lui que matière à une publication : ils symbolisaient l'atmosphère dans laquelle sa réflexion scientifique, débarrassée d'un provincialisme auquel il n'avait jamais adhéré dans ses principes, s'amplifiait jusqu'à l'universalisme. Ce changement qui, comme l'indique ce qui précède, se manifestait depuis longtemps dans ses travaux, devait trouver par suite d'un choc historique comparable à celui du début de sa carrière une formulation valant un véritable programme. Il était impossible de considérer la seconde guerre mondiale comme une affaire na­tionale, et Alföldi était fort loin, lorsqu'elle éclata, d'une conception qui aurait borné

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