Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 73. (Budapest, 1990)

SIMON, ZSUZSANNA: Le Musée des Beaux-Arts de Budapest en tant que modele artistique

plein, —- bien qu'à l'insu de l'artise — sur un important problème muséologique qui était alors d'actualité. C'est en effet durant les années soixante-dix que parvint à son point culminant le « problème des musées », leur réforme ou leur crise, selon les points de vue, la remise en question de la conception pour l'essentiel inchangée de­puis le siècle dernier des musées d'art européens, une conception basée sur une échelle des valeurs traditionnelle, historique. Car c'est à cette époque que les nouvelles disciplines qui s'étaient fait jour dans les autres sciences spécialisées produisirent leur impact sur la théorie et la pratique de la muséologie. Les murs du musée traditionnel subirent les coups de boutoir de la conception anhistorique de l'art de la sémiotique, du concept de créativité de l'art et de la pédagogie modernes, des nouvel­les tendances de la sociologie de la formation culturelle, et de l'art moderne lui-même, de ses nouveaux types d'œuvres impossibles à définir grâce aux notions jusque-là en vigueur. C'est ainsi que Werner Hofmann, se réclamant des œuvres de caractère changeant et de signification ouverte, condamne les musées d'art traditionnels, disant qu'ils privent l'œuvre des artistes de sa caractéristique la plus essentielle, celle de l'ouverture, du fait qu'ils la situent dans son propre ordre de valeurs,dans son contexte historique. Selon lui, le musée de l'avenir devrait être à espace libre ( Freiraum), ce qui permettrait au spectateur d'interpréter librement les œuvres. 16 Jorge Glusberg, lui, a recours à des notions empruntées à la théorie de la communication (cool, hot media) pour analyser le phénomène du musée. Pour lui, le musée traditionnel est un hot medium qui fournit au spectateur trop d'informations toutes faites. Le musée du futur devrait être un cool medium qui ne donnerait pas seulement des informations, mais permettrait et même susciterait une communication entre le musée et le specta­teur. 17 Les répercussions de ces idées de réforme ont déjà fait leur apparition dans la pratique des musées. C'est ainsi que, sous l'emprise du principe de la créativité qui a gagné beaucoup de terrain dans le domaine de la pédagogie, on a vu se créer dans les musées des groupes de création, essentiellement destinés aux enfants. En outre, les nouvelles conquêtes de la théorie de l'art marquent de leur empreinte les grandes expositions internationales ou organisées conjointement par plusieurs musées qui regroupent les pièces exposées en fonction d'une idée anhistorique qui était jusqu'ici étrangère à l'histoire de l'art. 18 C'est également dans le sillage de ces idées réformatrices qu'ont vu le jour quel­ques expositions plus modestes ayant trait au rapport entre objets de musée et art moderne. Nous mentionnons ces manifestations tout spécialement du fait que ce sont elles qui, de par leur sujet, sont le plus proches de l'Hommage au Musée des Beaux­16 Hofmann, W., Kunstbegriff und Museiimskunst, in : Das Museum der Zukunft, Köln 1970, pp. 116-121. 17 Glusberg, J., Cool Museums and Hot Museums, Buenos Aires 1980. 18 Quelques exemples : Ägyptische und moderne Skulptur. Museum Morsbroich, Morsbroich 1986 ; Unter der Maske des Narren, Wilhelm-Lehmbruck Museum, Duisburg 1981 ; Eva und die Zukunft, Hamburger Kunsthalle, Hamburg 1986 ; Exotische Welten, Europäische Phantasien, Stuttgart 1987 ; Schrecken und Hoffnung : Künstler sehen Frieden und Krieg, Hamburg 1987.

Next

/
Oldalképek
Tartalom