Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 73. (Budapest, 1990)
SIMON, ZSUZSANNA: Le Musée des Beaux-Arts de Budapest en tant que modele artistique
arts traditionnels et le musée qui leur est consacré firent faire la grimace aux membres de l'avant-garde. Les milieux de l'art officiel eurent la même réaction, mais pour des motifs opposés. L'art officiel était en effet a priori contre la photographie d'art conçue en tant qu'art expérimental. D'autre part, ses tenants avaient de solides préjugés à l'égard de ce genre d'oeuvres auto-reflexives ayant trait à l'art même, les déclarant dirigées contre l'art et donc contre ses institutions . .. Bien que Birkás ait probablement prévu la possibilité d'un tel accueil, il travailla pendant plusieurs années d'arrache-pied sur le sujet, et bien qu'il se soit remis depuis à la peinture, il est certain que ses photographies font partie intégrante de son œuvre et ont des liens avec les peintures qu'il a réalisées depuis. Le moment est peut-être enfin venu, maintenant que nous sommes débarrassés des préjugés déformant tout dont nous parlions, de se pencher sur son travail pour l'analyser avec objectivité et le situer dans l'art hongrois des années soixante-dix. L'œuvre de Birkás est en fait un essai photographique extrêmement volumineux, comportant plusieurs chapitres et faisant des incursions dans différents autres genres. 6 Au cours des années soixante et soixante-dix, les artistes, par un recours neuf aux moyens propres à la photographie, ont découvert toute une série de nouvelles possibilités d'expression, enrichissant ainsi le langage photographique lui-même. 7 Birkás s'est lui aussi intéressé aux possibilités spécifiques de la photo en tant que médium. C'est ainsi que sa photo intitulée « Le Fantôme de Rembrandt» résulte de la superposition de 57 négatifs, et qu'il a utilisé dans une autre série de clichés les défauts de l'agrandissement en tant que moyen de composition. Mais dans la série qu'il a consacrée au Musée des Beaux-Arts, il n'a pas eu recours à des moyens de ce genre. Ce n'est pas la photographie en tant que médium qui l'intéressait dans ce travail, mais le sujet traité, en l'occurrence le Musée des Beaux-Arts et, au sens large, les musées en général et l'art. De ce fait, si l'on considère son contenu, cette œuvre se rattache au courant auto-réflexif, dont les partisans cherchent à redéfinir continuellement la notion d'art et qui a en fait toujours été présente sous une formeou uneautre (tableauxhommages, représentations d'ateliers, auto-portraits, allégories de l'art) dans l'art européen. La série de photographies d'Akos Birkás est donc un « Hommage au Musée des Beaux-Arts ». Mais à quoi tient donc cette passion pour un musée ? À l'origine, ce n'est pas fi II est impossible d'en préciser la longueur exacte, du fait que Birkás, précisément en raison du manque d'intérêt, n'a jamais été dans l'obligation de donner une forme définitive (titre, ordre des photographies, etc.) à son œuvre. Il existe en tout cas plusieurs centaines de clichés (négatifs), qui ont donné lieu à de très nombreux agrandissements d'essai et à des agrandissements définitifs de formats divers, indépendamment des pièces exposées. Fait exception une seule série, celle des Vizsgálódások a Szépművészeti Múzeum külső falán [Scrutation du mur extérieur du Musée des Beaux-Arts], 1975-76, qui est la propriété de la Galerie de Sárospatak. Le volet final de l'œuvre, réalisé pour l'exposition Szabadidő [Loisirs] de Budaörs (1979), a été détruit, dans la mesure où le panneau était constitué par le mur même de la salle d'exposition, sur lequel l'agrandissement photographique avait été appliqué. 7 V. p. ex. Neusüss, F. M. : Fotografie als Kunst, Kunst als Fotografie, Köln, 1979 ; cat. Mit erweitertem Auge, Kunstmuseum, Bern 1986.