Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 73. (Budapest, 1990)

GERSZI, TERÉZ: Nouvelles attributions aux maîtres de la cour de Rodolphe II

logiques à cet égard. On trouve un autre exemple d'atténuation des différences de forme entre les deux thématiques dans le fait que deux des quatre saintes sont repré­sentées les seins nus, ce qui confère à ces œuvres un caractère erotique passablement insolite dans des tableaux de ce genre. Le dessin de Rome est plus intéressant encore qu'il n'y paraît au premier abord, et ce du fait de deux choses : d'une part la technique employée et d'autre part sa fonction d'étude de personnage en vue d'une composition. On ne connaît que fort peu de crayons de Spranger, en l'occurrence quelques dessins préparatoires proba­blement destinés à des gravures et qui sont des compositions achevées, 34 et quelques feuilles d'études portant des ébauches de personnages et de détails. 35 Pour ce qui est de la manière du dessin, c'est des feuilles d'études représentant des groupes de person­nages qui sont conservées à Munich (fig. 21) et à Cambridge 36 que le dessin de Rome se rapproche le plus. On y trouve en effet des similarités certaines entre les contours épais, ondoyants, par endroits repassés au crayon, et les hachures moelleuses en parallèles, orientées diversement. La structure du visage est rendue en vertu de la même conception graphique que dans la feuille d'études de Munich, bien que onze ou douze ans se soient écoulés entre la réalisation des deux œuvres. Les études de personnages sont rares dans l'œuvre des maîtres de la cour de Rodolphe II, et tout spécialement dans celle de Spranger, et il est encore plus rare qu'elles se rapportent à un tableau ou à une gravure. Aucune d'entre elles n'a été faite d'après un modèle vivant, et ce n'est pas non plus le cas de la sainte conservée à Rome. Généralement, les études de personnages de ces artistes résultaient à la fois de leur fantaisie, de l'inspi­ration qu'ils puisaient dans les œuvres d'autres maîtres et dans l'observation de ce qui les entourait. Dans le cas qui nous occupe, Spranger prit sans doute pour point de départ une série d'œuvres représentant des saintes comme les gravures de Marcanto­nio Raimondi ou d'Agostino Carrache. 37 Les représentations de ce dernier sont plus proches des conceptions de personnages de la Renaissance épanouie, tandis que Spranger, lui, a élaboré un nouveau type de sainte, monumental dans son effet, hé­roïsant et dynamique, qui était neuf non seulement chez les artistes de la cour de Ro­dolphe, mais aussi dans un contexte plus vaste. Le dessin de Rome illustre une étape intermédiaire de la voie qui conduisit vers la cristallisation de ce nouvel idéal de personnage. TERÉZ GERSZI Traduit par Mireille T. Tóth 34 Oberhuber, K., Die stilistische Entwicklung im Werk Bartholomäus Sprangers, Diss. Wien 1958, Cat. Z. 18, 27, 28 ; Weihrauch, H. von, Münchner Jahrbuch, N. F. 12 (1937/38) pl. VI-IX. 35 Oberhuber, op. cit. cat. Z. 37, 38, 39 ; Reznicek, E. K. J., Die Zeichnungen von Hendrick Goltzius, Utrecht 1961, p. 156 ; The Age of Bruegel. Netherlandish Drawings in the Sixteenth Century. National Gallery of Art, Washington, Picrpont Morgan Library, New York 1986/87, p. 278, fig. 3. 36 Wegner, W., Niederländische Handzeichnungen des 15-18. Jahrhunderts I—II, Berlin 1973. Cat. 109, pl. 40-41 ; The Age of Bruegel, op. cit., fig. 3. 37 The Illustrated Bartsch, op. cit. (n. 9), cat. n os 101, 107, 108, 115, 120 ; Prints and Related Drawings by the Carracci Family (D. de Grazia Bohlin), Washington 1979, cat. 5-8, 50-53.

Next

/
Oldalképek
Tartalom