Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 66-67. (Budapest, 1986)

BODNÁR, SZILVIA: Les copies de Hans Hoffmann d'apres un dessin de Dürer

Il est évident que la demande du public invitait certains copistes à faire des faux. En recherchant l'intention de faire des faux, nous ne devons cepen­dant pas oublier qu'à l'époque les copies furent considérées comme des oeuvres de valeur presque égale à l'original, car elles aussi gardaient ,,l'idée" de l'oeuvre originale. 32 D'après tout cela nous ne pouvons que supposer que les copies de Hans Hoffmann signées de AD et d'une date différente de celle de l'original fu­rent des faux faits exprès. A la question de savoir si dans le cas où il faisait des faux, il travailla sur commande ou non, on ne peut pas répondre non plus. L'hypothèse d'Eli&ka Fuciková, notamment que Hoffmann fit ces feuilles sur la commande de la famille Imhoff, est admissible mais impossible à prouver. 33 Dans son article fondamental souvent cité, Hans Kauffmann écrit sur les ambitions des copistes et des imitateurs de l'époque où il attire l'attention sur le phénomène psychologique du jeu de rôles artistique dans le domaine des beaux-arts, 34 il nous rappelle indirectement que ce n'est pas la seule interpréta­tion possible de considérer les oeuvres inspirées par Dürer et signées du mono­gramme AD comme des faux. Les artistes de la „Dürer-Renaissance" essayèrent, en rivalisant avec leur grand maître, d'exécuter des copies qui ressemblaient à l'original à s'y méprendre ou bien de produire des oeuvres qui auraient bien pu être faites par Dürer aussi. Le désir de s'identifier à l'artiste génial et admiré jusqu'au point qu'on prenne leurs oeuvres pour celles de Dürer et qu'on prenne ainsi eux-mêmes aussi pour Dürer, faisait partie du jeu. Parmi les artistes de la „Dürer-Renaissance" il n'y a peut-être personne que ce jeu de rôles artistique caractérise mieux que Hans Hoffmann. Tandis que sur certains exemplaires de ses copies il se cacha derrière le masque de Dürer, il se démasqua sur l'autre exemplaire de la même oeuvre par l'intermé­diaire de son monogramme. Le fait qu'il signa ses dessins indépendants, soit du monogramme AD, soit de Hh, montre nettement que son motif principal n'était pas de „faire des faux". Le monogramme Hh figurant en majorité sur ses copies aussi bien que sur ses oeuvres originales, il n'est pas du tout possible de parler du sentiment d'infériorité de l'artiste se cachant, par modestie ou par calcul, derrière la grandeur de Dürer. La même conclusion peut être tirée également de la manière dont il traita l'art du grand maître dans ses copies et imitations. ,,Le vieillard de 93 ans" en est un bon exemple: bien que tous les détails de l'original soient fidèlement suivis, c'est le goût de l'époque de Hoffmann qui triomphe dans l'intensification du contraste des clairs-obscurs et dans le dessin calligraphique du front ridé et de la barbe du vieillard. C'est un des motifs principaux de son comportement envers Dürer aussi: le déguisement et le jeu de bravoure de se présenter sous n'importe quelle forme, de même que les traits stylistiques de ses oeuvres origi­nales et copiées, nous présentent Hoffmann comme le représentant typique du maniérisme. SZILVIA BODNÁR 32 Cf. ci-dessus note 4. 33 Fuciková, loc. cit. p. 164. 34 Kauffmann, loc. cit. (ci-dessus n. 2) p. 30—31.

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