Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 66-67. (Budapest, 1986)

NYERGES, Éva: Nouvelles oeuvres médiévales acquises par la collection espagnole

Du côté gauche, la tête de l'ange jouant de mandoline est fragmentaire, le visage de celui jouant de la harpe a une plastique plus sensible, le tracé du front, des yeux, de la bouche est plus fin à l'origine et la forme de son instrument un peu plus allongée. La figure du donateur ne se voit qu'en traces, comme des taches apparaissent aussi les détails du jardin. Parmi les têtes en bas, celle de la sainte au bord gauche est le plus intacte, dans ses cheveux on voit un collier de perles original, ce n'est que la direction de son regard qui a changé. Les autres têtes, à l'exception de celle du bord droit qui peut être reconstituée, n'ont laissé que des traces. Là, les poinçonnages et les encadrements genre osteaux, suivent le tracé du dessin original. Sainte Anne jouissait d'un culte dès l'époque pré-chrétienne et puis à l'épo­que carolingienne. 14 A partir du XIII e siècle, l'Immaculée Conception devenue un dogme, la personne de Sainte Anne acquit de l'importance et sa représen­tation se répandit dans toute l'Europe. 15 On la représentait avec une préférence toute particulière en tiers. Au début l'iconographie suivait le type byzantin ri­goureux, en présentant la Mère de Dieu sur son trône symétriquement, assise en face de son enfant. Le culte de Sainte Anne était florissant en Espagne, surtout en Catalogne, Aragon et Andalousie. 16 Les femmes des familles régnantes portaient avec pré­férence son nom. Un des documents précoces de son culte est le décret du roi Jaime, de 1239. 17 Sur le tableau d'autel de Budapest la figure de Sainte Anne est à une échelle puissante par rapport à celle de la Vierge, assise sur ses genoux, et du petit Jésus. Ces proportions, la personne principale mise ainsi au premier plan, cor­respondent au culte de cette sainte en Espagne. A partir du début du XIV e siècle 1' „italogótico", c'est-à-dire le gothique à la italienne, se répandait largement dans la partie sud de la péninsule ibé­rienne. Les Catalans subirent la plus tôt l'influence italienne et sous son effet créèrent sous peu une peinture typiquement espagnole. 18 Dans la seconde moitié de ce siècle travaillait dans les cours royales catalane et aragonaise le peintre­enlumineur Ramón Destorrents, disciple de Ferrer Bassa. Son retable, repré­sentant Sainte Anne avec l'enfant Marie, continue un tableau de Ferrer Bassa commencé en 1343 au palais royal Almudayna à Palma de Mallorca. L'oeuvre montre l'influence de Simone Martini et de son école, mais elle n'est pas exempte de l'influence byzantine non plus dont sont pénétrées les oeuvres de Duccio. 19 Sur le retable de Destorrents l'enfant Marie est assise sur le genou gauche de Sainte Anne, elle porte une couronne et les robes des deux sont ornées de patron de plantes. Derrière Sainte Anne, puissante, peinte d'une manière sculp­turale, des anges flottants en haut tiennent une tenture somptueues. Sainte Anne baisse un peu la tête vers la droite, mais regarde le spectateur, et de la main 14 Kleinsohmidt, B., Die heilige Anna und ihre Verehrung in Geschichte, Kunst und Volkstum, Düsseldorf 1930. 15 Aurenhammer, H., Lexikon der Christlichen Ikonographie I. Vienne 1967, 146— 150. 16 Kleinschmidt, B., Annaselbdritt in der spanischen Kunst, in: Gesammelte Auf­sätze zur Kulturgeschichte Spaniens I. Münster 1928. 17 Kleinsohmidt, B., in (note 14) 111. 18 Bosque, A. de., Artistes italiens en Espagne du XIV« siècle aux Rois Catho­liques, Paris 1965, 43. 19 Gudiol Ricart, J., Pintura gótica, Ars Hispanica IX, Madrid 1955, 61—68, fig. 40.

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