Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)

GERSZI, TERÉZ: Un dessin récemment identifié de Denys Calvaert

serve à Londres, fait sur un thème analogue, 18 et dont on peut faire remonter l'origine à l'oeuvre citée de Raphaël, le rapport entre les sphères céleste et terrestre est déjà bien plus proche de l'humain. Sur la feuille de Calvaert la dualité des univers terrestre et supraterrestre est pour ainsi dire éliminée: Saint François pose sa main sur l'Enfant, paraissant ainsi aider la Vierge à tenir son enfant, et elle pose sa main avec confiance sur le bras du saint. De même, le dessin nouvellement identifié est marqué par une intimité plus soulignée: les personnages sont représentés pour ainsi dire entassés dans un espace tout à fait étroit, leurs regards, leurs gestes témoignent d'un contact serré, et grâce à tout cela toute l'oeuvre exhale une atmosphère d'intimité. Ces aspirations à l'effet émotionnel dans les oeuvres de Calvaert sont en accord avec les nouvelles tendances apparues vers le milieu des années 1580 et qui commençaient de se cristalliser par les initiatives du concile de Trente. 13 C'est à partir de ce temps-là que devenait de plus en plus populaire l'exigence envers les peintures d'être claires, fidèles à la réalité et capables de produire un effet émotionnel. Dans l'art de Calvaert, ayant une formation flamande, l'orientation réaliste était ab ovo un élément essentiel de la création. La simple structure claire caractérise également, dès le début, ses oeuvres et l'utilisation des acquis structurels de la haute Renaissance contribua à ce que ses compo­sitions aient revêtu une signification. Le penchant à mettre l'accent sur les motivations humaines, ainsi que l'intimité de ses oeuvres sur des sujets religieux peuvent également être expliqués par ses racines néerlandaises. C'est par contre dans l'art du Corrège et de Barocci qu'il puisa des impulsions pour les moyens nuancés des expressions émotionnelles. Lié au Corrège, Barocci revêtit d'un nouveau sens les représentations religieuses en rendant par une nouvelle ma­nière picturale l'atmosphère familière, les éléments de ce monde, les motivations sentimentales. Voilà pourquoi, à la fin du XVI e siècle, se joignirent à son art des maîtres de plus en plus nombreux qui lançaient l'initiative de rénover les formes de la peinture italienne. Ainsi, les tendances de Calvaert contribuaient à s'épanouir le nouveau courant que représentaient, sous une forme plus évoluée, à Bologne puis à Rome les frères Carracci. TERÉZ GERSZI 18 Mostra di Federico Barocci. Catalogo critico a cura di Andrea Emiliani con un repertorio dei disegni di Giovanna Gaeta Bertelà, Bologne 1975, N° 323. 19 Posner, D., Annibale Carracci. A Study in the Reform of Italian Painting around 1590, Londres 1971, p. 35—43.

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