Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)

GERSZI, TERÉZ: Un dessin récemment identifié de Denys Calvaert

de la Vierge, de l'enfant Jésus, de Saint Jean Baptiste sont presque identiques dans les deux oeuvres. La plus importante différence est qu'il n'y a pas d'anges sur le dessin. C'est probablement le geste de la Madone au Rocher de Léonard (Paris, Louvre) qui a servi de modèle direct au geste de la main de la Vierge qui touche légèrement la tête de Saint Jean Baptiste. Vu ses étroits rapports stylistiques avec le tableau parisien représentant le mariage mystique de Sainte Catherine 14 le tableau de Varsovie peut être situé aux alentours de 1590. Il est caractéristique que même ces années-là, voire dans les années suivantes aussi, l'influence est restée intense des impulsions artistiques reçues des oeuvres des maîtres de la haute Renaissance au cours de son séjour à Rome pendant les années 1570 et de son passage en Italie du Nord. A l'opposé des deux analogies citées, le nouvellement identifié dessin de Budapest ne se rattache pas à une composition connue. Le tableau auquel il devait servir a probablement disparu. Dans la collection Praun il y avait jadis une peinture au sujet analogue, représentant la Sainte Famille avec Sainte Anne et Saint Jean Baptiste, à propos de laquelle Murr remarque que Calvaert l'avait peint sur plaque de cuivre d'après Raphaël. 1 "' Comme nous venons de le dire, pendant son séjour à Rome le maître flamand subit l'influence décisive des oeuvres de Raphaël et des maîtres de son entourage, et il a fait des copies dessinées de nombreuses de leurs oeuvres. Dans la collection de Budapest aussi on trouve une copie faite par Calvaert du tableau intitulé ,,Noli me tangere" (Madrid, Prado), enregistré comme oeuvre commune de Giulio Romano et G. F. Penni et qui, à l'origine, était à voir dans la chapelle de Massimi à la Trinità dei Monti à Rome. 11 ' Pour dater le dessin nous disposons d'un point d'appui sûr fourni par le temps d'exécution des analogies de Budapest et de Londres. Le dessin à plume de Budapest, intitulé Sainte Famille avec Saint Jean Baptiste, peut être daté, partant de ses rapports au tableau de Varsovie, des alentours de 1590. Sur ce dessin les proportions des personnages sont encore bien plus massives que sur le dessin de Londres exécuté plus tard, datant de 1607. Le dessin récemment identifié de Calvaert, partant des proportions des personnages, peut être relié plutôt aux oeuvres des années 1590 qu'à celles des premières décennies du XVII e siècle, représentant des types plus élancés. Le style du dessin est marqué par la synthèse des influences de l'Italie Centrale et du Nord, comme c'est également le cas pour la plupart des maîtres italiens de la fin du siècle. Calvaert se joignit à la tendance qui, à l'opposé de l'idéal artistique abstrait, compliqué, du ma­niérisme, se proposait comme objectif la simplicité et la clarté de la forme et du contenu, et l'expression émotionnelle approfondie. L'important changement dans les conceptions que l'on observe dans la peinture religieuse à partir des maîtres de la haute Renaissance jusqu'aux com­positions de la fin du siècle, est bien représenté par trois oeuvres: la Madone de Foligno de Raphaël (Rome, Pinacoteca Vaticana) 17 où la distance, tant phy­sique que spirituelle, est très grande entre Saint François et la Vierge assise avec son enfant sur un trône dans les hauteurs. Sur le dessin de Barocci con­14 Bergmans, S., Denis Calvart, Bruxelles 1934, t. IX. 15 Murr, Ch. Th. de, Description du Cabinet de Monsieur Paul de Praun, Nurem­berg 1797. p. 7. 16 Gerszi, op. cit. (voir note N° 9) N<> 47, t. 47. 17 Salmi, op. cit. (voir note No 3) fig. 173.

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