Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 58-59. (Budapest, 1982)
CZÉRE, ANDREA: Trois dessins bolonais
par la copie de la statue visible sur le verso de la feuille (fig. 72) qui montre les figures des Niobides, 17 groupe de statues antiques décorant à l'époque le jardin de la villa des Médicis à Rome, et exposé de nos jours au musée des Offices, à Florence. Le dessin de Grimaldi correspond à l'image du groupe de statues érigées dans le jardin des Médicis comme elle nous est parvenue grâce à la gravure de Cornells van Dalen (fig. 71). La deuxième figure féminine debout à partir de la gauche, penchée en avant et levant la main gauche est visible de profil chez Grimaldi, avec au fond une tête de cheval qui se cabre. Grimaldi représente de dos la figure accroupie au pied du cheval, vue du profil sur la gravure. Dans son oeuvre, les copies faites d'après des statues antiques ne sont pas rares, on trouve de pareils dessins à la craie dans son carnet de croquis conservé au British Museum. Grimaldi de son vivant fut entouré d'une grande estime, car il était considéré comme le dernier dépositaire de la tradition classique des paysagistes, créée par Annibal Carrache. De nos jours, nous l'apprécions surtout comme paysagiste et dessinateur pour ses dessins, estampes et décorations de fresques qui ornent les palais. 18 Un graphisme particulièrement décoratif caractérise la composition de ses dessins, compositions peuplées de personnages au repos, parsemées de bâtiments antiques et renaissance, représentant le plus souvent des vues de paysage au bord de l'eau et utilisant des motifs traditionnels inspirés surtout par les dessins et peintures de Claude Lorrain et par l'école de Carrache. La feuille de Budapest n'est pas une étude de détail, mais une composition entière, bien qu'elle ne soit pas tout à fait achevée sur le côté droit. Le dessin du groupe de bâtiments est raccourci, mais la perspective n'est pas conséquente et le rendu de la dimension en profondeur n'est pas mise en relief. La composition est plutôt destinée à remplir de façon décorative la surface du dessin, qui est occupée en grande partie par un seul motif principal. Le dessin des formes n'est pas précis, recherché, il est même négligé par endroit, ce qui témoigne de l'intention de l'artiste de composer une vue d'ensemble décorative, sans se soucier du dessin précis des détails. Le réseau de traits de plume est assez uniforme, avec peu de traits forts et épais, les valeurs plastiques n'étant pas soulignées. Les traits sont rapides et légèrement arqués. Tous ces traits caractéristiques s'apparentent avec ceux des oeuvres de Grimaldi, p. ex. avec ceux des dessins du carnet de croquis déjà cité du British Museum. Sur un dessin représentant un groupe de bâtiments sur une colline rocheuse, la comparaison est d'autant plus aisée que le sujet est le même (fig. 68). 19 Là aussi, l'artiste a laissé inachevé le côté droit, tout comme sur la feuille de Budapest. Les bâtiments réels avec lesquels il forme des ensembles imaginaires penchent légèrement vers la gauche sur les deux dessins. Sur les murs, sur une ombre obtenue par des hachures parallèles, des points, des cercles, des lignes ondulées 17 Je tiens à remercier Madame E. Pogány-Balázs pour avoir attiré mon attention sur cette connexion. Pour les trois parties en question du groupe de statues (Nymphe ou Muse, Psyché et le cheval) v. le catalogue de M a n s u e 11 i, G. A.: Gallerie degli Uffizi, Le Sculture. Parte I. Roma, 1958. Nos 9^ 84 et 87. 18 Les études consacrées uniquement à Grimaldi sont peu nombreuses, et seules ses estampes sont cataloguées: Bellini, P.: Giovanni Francesco Grimaldi. Catalogo completo délie incisioni. Quaderni del Conoscitore de Stampe. 1974. No 22, pp. 6—27, fig. 63; Bellini, P.: Nuovi dati per catalogazione de G. F. Grimaldi. Ibid. 1975. N° 26. pp. 10—11. fig. 2. 19 No d'inv.: AT— 10—7