Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 58-59. (Budapest, 1982)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNA: Oeuvres de Murillo dans les collections hongroises

Par l'intermédiaire de ses agents parisiens la tsarine Catherine fit acheter à la vente Crozat le délicieux ,,Repos pendant la fuite en Egypte", et ensuite, à la vente Duc de Tallard, une esquisse de la Sainte Famille, et à la vente de la collection du Duc de Choiseul, en 1772, la célèbre ,,Vendeuse d'oranges" et le ,,Garçon avec chien". En 1782 le ,,Petit mendiant", conservé jusque-là aussi à Paris, fut acquis pour la collection de Louis XVI. Bien que, au XVIII e siècle, en Angleterre aussi une douzaine de tableaux de Murillo, connus de nos jours, aient passé d'un propriétaire à l'autre, ce n'était point un cas caractéristique pour les grandes collections. Aussi est-il étonnant de trouver des oeuvres de Murillo dès les premières décennies du XIX e siècle dans la plus importante collection hongroise d'aristocrates, dans la Galerie Esterházy, se trouvant alors à Laxembourg, ensuite à Pottendorf, et à partir de 1815 à Vienne. Parmi les autres oeuvres attribuées par erreur à Murillo dans des archives, des inventaires, des catalogues imprimés, on ne trouve aujourd-hui que quelques unes au Musée des Beaux-Arts de Budapest dont le noyau était longtemps formé par la col­lection Esterházy achetée en 1870. Dans ce qui suit nous traiterons d'abord les oeuvres authentiques de Mu­rillo, et ensuite nous parlerons aussi des tableaux de notre collection attribués auparavant à Murillo, vu que les données trouvées dans différentes sources passent aujourd'hui pour des curiosités de l'histoire des collections. On peut même supposer que la mention trouvée dans les archives Esterházy puisse per­mettre de retrouver des oeuvres perdues de Murillo. Même aujourd'hui, on se heurte à de nombreuses difficultés en voulant dater les tableaux du maître de Seville. C'était un maître dont l'art mûrissait tard. Dans l'oeuvre très abondant, il y a peu d'oeuvres documentées. Les premières, les 11 grandes toiles faites pour le cloître du monastère San Francesco el Grande de Seville, furent exécutées en 1645 quand il avait vingt-sept ans. Compte tenu des chefs-d'oeuvre précoces de Vélasquez, des bodegones exécutés à l'âge de 18—20 ans, et de 1' „Adoration des rois-mages" peinte en 1619, un début aussi tardif est étonnant à Seville qui offrait tant de possibilités pour un peintre. Les toiles achevées en 1646, avec un modelé très net, construites sur un fort con­traste des ombres et des lumières, d'une composition claire, sont proches des oeuvres faites à Seville de Vélasquez et de Zurbaran. L'étude de cette série (au cours des guerres napoléoniennes le gros des toiles quitta l'Espagne) nous révèle un peintre qui était capable d'intégrer organiquement la vie quotidienne des simples gens dans les événements miraculeux des légendes franciscaines. Sa manière de représenter est accessible à tous, ses idéaux reflètent les tendances à Seville à représenter la réalité, mais il connaissait également les formes de la Renaissance italienne cherchant à produire de l'agrément. Déjà sur quelques tableaux de cette série apparaît le modelé mou dont sont tellement marquées ses oeuvres postérieures, et auquel il doit au fond sa popularité. Dans ses oeuvres datant de plus tard reviennent toujours les figures plastiques propres aux tene­brosi de Seville et s'entremêlent aux paysages géniaux, aux représentations réalistes des petits vagabonds connus des romans, et aux tendres Vierges en­fants, des Immaculées Conceptions. A Budapest ont été acquises trois de ses toiles datant de sa période médiane et une de ses oeuvres principales, de grandes dimensions, créée à la fin de sa vie, la plus importante de nos oeuvres de Murillo, „L' Enfant Jésus distribuant du pain aux Pèlerins". L'acquisition de la première oeuvre se rattache au nom du prince Pál Esterházy, ambassadeur à Londres de l'Autriche, qui avait acheté

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