Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
POGÁNY-BALÁS, EDIT: Remarques sur une peinture de Lodovico Dondo: réplique de la Cene de Leonard de Vinci
voqua certaines difficultés. Il arrondit les têtes avec un fin pointillé et de la hachure, et rend les cheveux avec des traits ondulés parallèles. Le Christ et les apôtres ressortent, comme des personnages bien clairs, d'un arrière-plan foncé, garni de rideau. Partant du dessin de Dijon, M. Jaffè indique qu'un des premiers voyages qu'a faits Rubens de Mantoue était celui à Milan afin d'y étudier la Cène. La confrontation des caractéristiques des pieds de la table permet de déduire qu'avant ce voyage encore il devait voir la copie qui se trouve à San Benedetto di Po près de Mantoue dont il n'a pas oublié et effacé la trace. Le long dessin étroit de Rubens révèle qu'il était intéressé avant tout dans l'expression et dans la solution dramatique, dans le modelage du groupe avec des lumières et des ombres. Sur le revers sont inscrites, en écriture flamande, les couleurs. Rubens a regardé le Cenacolo, ce qui ressort aussi de son manuscrit sur Léonard, conservé en traduction. 22 Il y montre une grande compréhension de Léonard dont il admirait la manière noble, fidèle à la nature. Dans son dessin, il saisit l'événement dramatique avec une grande force d'expression, ce qui est renforcé encore par les types de paysan flamand dans les personnages de Simon, Barthélémy, André et Judas où cela fait même un effet de caricature — comme cela a été signalé. Rubens fut chargé à Mantoue, par les seigneurs, de faire des copies, et plus tard, à Rome et en Espagne aussi, il devait répondre à telles commandes. Il est probable qu'il se fût mis à la Cène et à la Bataille d'Anghiari, pour exécuter ces commandes et que ces dessins aussi y aient servi. Le dessin de Dijon date de 1601, avant d'avoir vu, en 1603, l'original à Milan et avant d'avoir étudié les dessins de Léonard que possédait Pompeo Leoni. Il est même possible que parmi ces dessins-là il y eût de tels où les pieds de table étaient d'un bloc. Les copies faites au XVI e siècle sur la Cène de Léonard ont une importance, très grande jusqu'au XIX e siècle, d'une part pour la reconstruction de l'oeuvre originale, fort détériorée à ce que l'on dit (sur quoi on insistait toujours, à toutes les époques), et de l'autre parce que les copies datant des environs de 1800 n'étaient plus faites d'après l'original, mais d'après les dessins de l'époque, ces anciennes copies, au point que la copie, devenue la plus célèbre, celle de Raphael Morghen, fut faite sans que l'auteur ait vu l'original, mais il a travaillé d'après les dessins de Matteini et d'Appiani. Ceux-ci partaient, entre autres, et surtout de la fresque qui se trouve au réfectoire du Convento di Gerolamini à Castellazzo, et de la copie à la Certosa de Pavie qui fut dans la suite transférée à Londres à la Royal Academy. 23 A la fin du XVIII e siècle Dutertre était seul à travailler d'après l'oeuvre originale. C'est d'après la gravure de Morghen et de la copie à la Certosa de Pavie que J. A. Allmer 24 a exécuté sa copie de la Cène de Léonard, (en couleurs) au pointillé (fig. 55) Chez Allmer on voit très nettement la version concave du nez de la tête de Barthélémy qui, vu la détérioration du mur à cet endroit, a changé de forme sur plusieurs copies. Quant aux autres personnages aussi, Allmer dessine des figures pour ainsi dire anti22 Jaffè: op. cit. 32. 23 Voir note 17. 24 J. C. Allmer, d'après Léonard de Vinci, la Cène. Pointillé en couleurs, 385X 680 mm. Musée des Beux-Arts, Budapest, No d'inv.: 1950—3544; Au début du XIX e siècle.; B é n é z i t, E. : Dictionnaire critique et documentaire des Peintres, sculpteurs, Dessinateurs et Graveurs ... Paris, 1960. I. Maître appartenant à l'école anglaise.