Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 55. (Budapest, 1980)
BENKŐ, ÉVA: Sur un „Portrait de femme" par Godfrey Kneller
n'est pas signé (bien que relativement peu des oeuvres de Lely aient été signées) semblent réfuter qu'il s'agit d'une oeuvre autographe. Notre tableau a cependant un étrange trait paradoxal qui, à notre avis, nous approche de la solution du problème ci-traité. Le coloris riche et chaud de Lely, ses couleurs brillantes et quelquefois brûlantes sont remplacés, dès les dernières années soixante, par des couleurs plus froides de ton plus foncé. L'une des manifestations bien attrayantes de sa palette modérée est constituée par le portrait ci-présenté de la duchesse Portsmouth, daté, comme nous l'avons vu, par Sir Oliver Millar, de 1671 qui montre une ressemblance frappante avec notre portrait. Sans compter l'analogie étroite plusieurs fois signalée, les traits picturaux des deux oeuvres sont différents. Tandis que la tonalité plus foncée, les couleurs plus froides et plus sombres et encore d'autres caractéristiques renvoient, comme nous l'avons vu, le portrait de Louise Kéroualle aux années soixante-dix, la tonalité claire de notre tableau où seulement le manteau foncé couvrant les genoux de la personne représentée indique le changement en question, ses couleurs brillantes et parfois brûlantes évoquent, contrairement aux autres traits déjà présentés caractéristiques des années soixante-dix, la palette des années soixante de Lely. Étant donné que ses assistants se servirent bien souvent des couleurs claires brillantes même dans les années soixante-dix, ce trait anachronique ne peut être interprété que d'une seule façon, en attribuant le tableau à l'assistance de l'atelier. Nos connaissances d'aujourd'hui ne nous permettent pas de répondre pour le moment à la question lequel des assistants de Lely peut être pris pour le peintre de notre portrait. L'auteur de ce „Portrait de femme" pris sous condition pour travail d'atelier, se servit d'un des schémas de composition de Lely populaires à son époque et servant de modèles à ses contemporains et à la génération suivante. En plus les motifs, la formation et la pose des figures, le rendu fidèle des diverses matières — d'après le témoginage des analogies ci^énumérées — sont, à notre avis, en rapports stylistiques bien convaincants avec l'art de Lely. Tout cela nous invite à prendre notre portrait, avec ses valeurs et ses fautes aussi, pour une des manifestations authentiques du style baroque représentatif de cour de Lely. Il nous permet de faire connaissance avec la mentalité et la vie théâtrale de la fin du 17 e siècle, en animant le milieu luxueusement élégant de l'aristocratie britannique, leur étranges coutumes vestimentaires, en présentant, peut-être de façon moins vive, la conception de Lely relative à l'idéal de beauté féminine de l'époque de la Restauration, constituant ainsi une grande valeur d'historié de la culture — outre ses valeurs artistiques — et sous cet aspect il rend plus complète la présentation de l'époque Stuart tardive dans la collection de la peinture anglaise. ÉVA BENKÖ