Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 55. (Budapest, 1980)
BENKŐ, ÉVA: Sur un „Portrait de femme" par Godfrey Kneller
„Giardino d'amore") présentent la fontaine comme le lieu de rendez-vous des amants, aux 16 e —18e siècles elle est motif favorable des pastorales. Ce bref aperçu ci-dessus indique que sans compter les interprétations religieuses qui passent à côté de notre thème, la source, la fontaine ou la fontaine jaillissante appartiennent généralement aux symboles de la vie humaine, plus précisément au domaine des sens. Il mérite d'être mentionné que Raimond van Marie dans le chapitre intitulé ,,L'Amour" de son oeuvre Iconographie de l'Art profane au Moyen-Âge et à la Renaissance s'occupe des représentations de la fontaine (La Haye, 1932. 426—445). La représentation symbolique des plantes et des fleurs aussi est d'origine très ancienne. Il mérite d'être remarqué que non seulement les noms, les couleurs, l'odeur, le pouvoir curatif et magique, les rapports mythologique, biblique et littéraire des fleurs, mais également leur nombre i „aient de,grande importance dans la formation des associations d'idées. L'art médiéval, et surtout la peinture sur panneau constitue un grand répertoire du langage des fleurs (v. Behling, L. : Die Pflanze in der mittelalterlichen Tafelmalerei. Weimar, 1957. 12.) Bien que la représentation végétale, surtout dès la deuxième moitié du 15 e siècle, perde de plus en plus ses contraintes symboliques et les plantes deviennent pour elles-mêmes, étant phénomènes de la nature, sujets de la représentation artistique, l'art continue à se servir des messages symboliques de ces motifs sous l'inspiration de l'Iconologie de Cesare Ripa parue à Rome en 1593 et par ses éditions ultérieures. Cette oeuvre à laquelle puisait beaucoup l'art baroque aussi, présente entre autres le grand trésor des symboles floraux. Étant donné que nous n'avons pas la possibilité étudier plusieurs des études fondamentales y relatives de la riche littérature de la symbolique florale (V. L u r k e r, M.: Bibliographie zur Symbolkunde. II. Baden-Baden, 1966. „Pflanzen": 241—250., ou Cairo, G.: Dizionario ragionato dei Simboli. Bologne, 1967. „Fonti Principali": IX — XIII. etc.), nous voudrions signaler seulement un rapport, peut-être pas accidentel, en relation avec le sens symbolique supposé des trois fleurs (jasmin) représentées dans notre tableau. Léda de Léonard de Vinci (Rome, coll. Galotti Spiridon, copie d'après l'original de Léonard, v. Wind, E. : Pagan Mysteries in the Renaissance. Londres, 1958. fig. 6) tient de sa main embrassant le cou du cygne également trois jasmins. Cette fleur, de même que celles de notre portrait provenant des îles Britanniques, appartient, d'après l'opinion du spécialiste ci-mentionné, à l'une espèce de cette plante qui existe seulement dans les pays du Sud. Dans son oeuvre mentionnée, Wind signale la conception néo-platonicienne de la composition de Léda (v. ibid. 139). Mais les trois fleurs bien qu'elles occupent une place importante de la composition, à cause de leur position centrale, ne sont pas mentionnées par lui. Nous avons déjà rappelé ci-dessus que le rapport des deux tableaux n'est pas peut-être accidentel. Nous l'avons signalé en connaissant l'tude du professeur J. D. Stewart s'occupant des séries Windsor „Beauties" de Lely et Hampton Court ,, Beauties" de Kneller où il relève les rapports néi-patoniciens de ces portraits (Pinups or Virtues? The concept of the „Beauties" in late Stuart Portraiture. Los Angeles, 1974. Symposium entitled „English Portraits of the 17th and 18th Centuries", papers read at a Clark Library Seminar, April 14th, 1973, published as a separate booklet by the William Andrews Clark Memorial Library Univ. of. Calif.) — Je voudrais y ajouter que M. le professeur Stewart se reporte, dans son étude, à plusieurs oeuvres fondamentales relatives à notre raisor nement iconographique qui pour le moment ne sont pas, malheureusement, à notre disposition. Sa constatation n'est pas anachronique, la survivance du néo-platonisme en Angleterre de la fin du 17 e siècle n'est pas surprenant. Il suffit de penser au groupe des philosophes de Cambridge déployant leur activité littéraire surtout dans la deuxième moite du siècle (Cudworth, More, Norris, Culverwel et d'autres); dans la forma tion de leurs théories sur les phénomènes du mysticisme et du transcendantalisme joua un grand rôle la métaphysique platonique et néo-platonicien. Il faut également prendre en considération que le groupe de Cambridge infuença non seulement le développement de la philosophie anglaise, mais toute la mentalité britannique de l'époque. Comme nous l'avons vu, la survivance du néo-platonisme dans l'art baroque anglais fut démontrée par M. le professeur Stewart exactement dans son étude citraitée s'occupant des séries de portraits mentionnées de Lely et de Kneller. Il est aussi important à considérer que les explications de Ficin, philosophe néo-platonicien, sur les hiéroglyphes, établirent le fond de la mode intellectuelle du 16 e et du 17 e siècle qui fit naître la riche littérature d'emblèmes et une quantité innombrable