Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 55. (Budapest, 1980)
EISLER, JÁNOS: Vierge a l'enfant. Style et date d'exécution d'une terre cuite provenant de l'atelier de Lorenzo Ghiberti. I.
ceinture placée plus haut n'indique pas la place précise anatomique des hanches, la partie supérieure de la jambe est rendue en raccourci et descend dans l'espace, elle est suivie de la partie inférieure allongée. La tête est inclinée non seulement vers le côté, mais en avant aussi, la masse du corps descend en s'élargissant. Il est incontestable que la statue fut destinée à être regardée de bas en haut. L'enfant Jésus aussi est installé en raccourci sur le genou de la Vierge, en pose fortement inclinée: la partie inférieure de son corps est bien allongée par rapport à son petit torse. Ces proportions déplacées ne peuvent être corrigées que par des regards venant d'en bas. Nos yeux dirigés par le jugement de la vue photographique peut trouver la main de la Vierge aussi peu soignée et ses mesures trop accentuées. Il est incontestable que l'analyse précise de la statue découvre la grossièreté des formes, mais elle nous informe en même temps de ce que bien que l'air du visage soit lyrique, les formes du corps et le vêtement qui l'enveloppe sont pleins de force et de poids, ils sont quasi modelés de façon pesante. Le mouvement plein d'entrain, la disposition de la draperie dont certains détails sont seulement vaguement rendus, ne doivent pas à l'exécution inachevée et peu soignée, mais à l'intention du modelage entier. La formation des plis du manteau qui passent en direction nette, mais qui ne construisent pas, de façon calligraphique, de fioritures décoratives, est floue: les formes ne sont pas réparties, de façon calculée, en équilibre, mais passent légèrement suivant l'élan de départ. Mettant pour le moment à côté l'exécution des formes plastiques, il faut maintenant prendre en considération des détails, comme par exemple le type de la tête de la Vierge (fig. 20). La tête se caractérise d'un front bombé, d'un mince nez et d'un petit menton fortement reculé par rapport au plan du front vu de profil. Prenons en considération la figure nue de façon antique aux formes pleines rococo de l'enfant Jésus, le petit doigt recourbé en haut de la main droite de la Vierge et encore des détails de la draperie qui peuvent probablement nous aider à la datation: le repliement plein d'entrain du manteau sur l'épaule droite, puis les courbes à double ondulation partant d'au-dessous du poignet de la main droite jusqu'à la hanche gauche et l'amincissement des plis transversaux passant du genou gauche jusqu'au pied droit. Il faut bien considérer les suivants détails importants: le bout de vêtement réuni en tampon, caché sous la main gauche qui n'a pas d'explication fonctionnelle et le motif en S debout incisé sur la plante du pied droit. Même si notre terre cuite était exécutée de Ghiberti, si elle provenait de son atelier ou était sculptée d'après l'une de ses oeuvres, pourrait-elle posséder des traits caractéristiques seulement de Ghiberti? L'une des fioritures caractéristiques des schémas de la disposition des plis dans l'oeuvre de Ghiberti est constituée par le petit motif en demi-cercle mis sur l'épaule qui sert à modifier légèrement la descente verticale de la bordure du manteau. Ce motif se rencontre sur les scènes de la Porte Nord, ainsi dans le relief L'Adoration des Mages (sur le deuxième roi), dans la scène L'Enfant Jésus parmi les Docteurs (sur l'épaule de Jésus), dans la Tentation de Jésus-Christ (le motif se trouve, glissé un peu vers la bas, sur l'épaule gauche), dans la scène le Mont des Oliviers (sur la poitrine de l'apôtre Jean), puis dans les champs représentant les Docteurs de l'Église et les Evangélistes et en forme peu modifiée sur la figure de Saint Matthieu. On peut voir que Ghiberti ou l'atelier de Ghiberti se sert fréquemment de ce motif pendant les travaux de la première porte (le plus largement entre 1407 et 1424). Les variantes de ce petit enlacement en demi-