Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
EMBER, ILDIKÓ: Trois natures mortes aux poissons d'Utrecht
d'Utrecht. 16 On y remarquera la manière caractéristique, vigoureuse, d'ombrer. Sur ces tableaux, presque toute la surface du tableau est remplie par les immenses poissons, tandis que le fond, surtout sur le tableau d'Amsterdam, est à peine élaboré. Sur le tableau de Budapest par contre, non seulement le fond, mais aussi la nature morte, réduite à un espace moindre, sont plus riches en détails, témoignent d'une plus grande maturité. Le paysage, dont le poids pictural est le même, trahit le pinceau de Willaerts, avec les vagues mouvementées, encore qu'un peu schématiques, de la mer, avec les bateaux minutieusement rendus, avec la silhouette de la ville sur le bord rocheux qu'efface l'éloignement, avec, au premier plan à droite, les figures à la flamande (Momper, Brueghel). L'analogie la plus proche est le tableau cité de la collection Mailman, signé en 1656. Par conséquent, le tableau de Budapest peut être daté, lui aussi, des années 1650. Pour cette date plaide un tableau, signé en 1658, du Museum of Art de New Orleans (fig. 98). Une autre analogie proche est fournie par le tableau du Musée d'Etat de Kiev, intitulé Poissons au bord de la mer, signé par Ormea, que le catalogue de 1961 cite à plein droit comme oeuvre commune de W. Ormea et A. Willaerts. 17 Les liens étroits entre ces oeuvres sont encore attestés par la manière identique (majuscules, caractères imprimés) de la signature d'Ormea sur les tableaux de Mailman, de New Orleans, de Kiev, et sur le pendant perdu du tableau de Budapest, tandis qu'elle est différente sur l'exemplaire précoce d'Amsterdam. Il est à supposer qu'au début Ormea peignit lui-même des fonds insignifiants à ses natures mortes et ce n'est que plus tard, peut-être dans les années 1650, que, ayant déjà plus de routine, il chercha un partenaire pour donner une exécution plus plaisante à tous les détails de ses oeuvres. La commande, dont nous avons parlé plus haut, donnée par les dirigeants de Dolhuyse à Isaac Willaerts pour compléter les tableaux d'Ormea, montre que dans certains cas les motifs du fond ont été ajoutés ultérieurement aux tableaux sortant de l'atelier du peintre des natures mortes, à la demande spéciale des „consommateurs". Parmi les peintres de poissons à Utrecht au XVII e siècle, le dernier et le plus doué était Jacob Gillig (1636—1701), dont les oeuvres nous sont parvenues en plus grand nombre. Il débuta relativement tard comme peintre, ses premières oeuvres signées datent des années 1660. D'abord il a été commerçant, ensuite inspecteur de la prison municipale, et en cette qualité, il habitait dans le voisinage immédiat du marché aux poissons. On attribue une certaine importance à cette dernière circonstance dans la naissance de la vocation de peintre chez Gillig. Son nom ne figure pas dans la liste de la corporation Saint Luc d'Utrecht, 18 mais nous savons qu'il a appris le métier auprès de Willem Ormea et Adam Willaerts. 19 Ses natures mortes témoignent assez long1U Nature morte aux poissons au bord de la mer. Toile, 65,5x100 cm. Cat. 1952, N° 215. 17 C'est M. Frits Keers (Amsterdam, Stedelijk Museum) qui a attiré mon attention au tableau de New Orleans. Je dois les informations détaillées et la photo au Delgado Museum, M. Joan G. Caldwell. Toile, 60,5x100,5 cm, signé à gauche, en bas: W. ORMEA F. 1658. Acquisition en 1971. — La pièce de Kiev: Toile, 75,5x87,5 cm. Signé à gauche, en bas: W. Ormea. Cat. 1961. 99 repr. No 129 (A une vente à Amsterdam, en 1914.) ,H T h i e m e, U. — B e c k e r, F. : op. cit. XIV. 1921. 41. 19 B o 1, L. J.: op. cit. 1969. 346. 379 et note 582—83.