Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 52. (Budapest, 1979)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: La tete d'Ulysse par Tischbein et l'idée allemande de l'Antiquité au tournant des XVIII—XIXe siecle

„Und Marmorbilder stehn und sehn dich an : ' (Goethe) LA TÊTE D'ULYSSE PAR TISCHBEIN ET L'IDÉE ALLEMANDE DE L'ANTIQUITÉ AU TOURNANT DES XVIII—XIX e SIÈCLES L'artiste créateur (peintre, sculpteur, poète), dans sa lutte incessante avec la matière, mûrit quelquefois ses thèmes pendant des dizaines d'années. Il en fait des esquisses, invente des formes toujours nouvelles pour en revêtir l'idée en train de naître, mais qui, souvent, ne prend sa forme définitive qu'après nom­breuses tentatives. La dernière variante n'est pas toujours la plus heureuse, et la première n'est pas nécessairement la plus faible. Les études de Rubens à cer­tains tableaux d'autel (comme par exemple le Miracle de Saint Just, à Budapest) 1 ou aux grandes séries, sont de meilleure qualité que les tableaux définitifs non seulement parce qu'elles sont de la main du maître, et qu'elles gardent la fraî­cheur de la première mise en forme. La „Porteuse d'eau" de Goya (Budapest) surpasse de loin la première rédaction de ce thème, les jeunes filles à cruches, maladroites, gauches, de l'esquisse et du carton faits pour l'atelier de tapisserie Santa Barbara à Madrid. 2 Le cas est différent pour les oeuvres d'après les­quelles on fait des feuilles graphiques au bout de quelques dizaines d'années, mais là aussi, on voit souvent la même lente maturation, la présence incessante dans l'univers intime de l'artiste, que dans le cas de thèmes auxquels il donne plusieurs fois (souvent dans différents genres) de nouvelles formes. C'est ce que nous voyons dans la tête-idéale de Johann Heinrich Wilhelm Tischbein, maître peu cité de notre temps. La toile fut exécutée à Naples en 1794 3 (fig. 49). Le Musée des Beaux-Arts l'acquit en 1976, mais elle est en Hon­grie depuis plus de cent ans 4 . La première fois elle est mentionnée dans l'hôtel particulier du comte Leopold III Nádasdy (1802—1873) à Pest. Le comte, préfet du comitat Komárom, est connu comme amateur et protecteur des arts. Le ca­talogue 0 écrit à la main, se trouve actuellement dans la bibliothèque du Musée des Beaux-Arts. Il ne fournit pas d'informations plus détaillées. C'est l'unique 1 Le tableau d'autel se trouve au Musée des Beaux-Arts, Bordeaux. 2 Cf. : Haraszti — Takács, M.: Scènes de genre de Goya à la vente de la collection Kaunitz en 1820. Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts, No 44, 1975. p. 119, No 97. Selon Gassier-Wilson (Goya, Paris, 1970. p. 99 No 295) la première étude date de 1791, le carton de 1791/92 (ibid. No 300), tandis que le tableau de Budapest fut exécuté par le maître entre 1808 et 1812. 3 T. 38,5x29,5 cm. No d'inv. 76. 1. 4 Le tableau figurait avant 1873 dans la collection Nádasdy, après, jusqu'à l'année 1923 chez le peintre-collectionneur Albert Nyáry. Mme le docteur Klára Garas a eu l'amabilité d'attirer mon attention sur la collection Nádasdy et à la vente Nyáry (Ma­gyar Nemzeti Reneszánsz Társaság, Budapest, Vigadó, 1923) où le tableau figurait au No 331. 5 „Beschreibung der Gemälde Sammlung des Grafen Leopold Nádasdy zu Pesth", No. 80.

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