Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 48-49. (Budapest, 1977)

SZMODIS-ESZLÁRY, ÉVE: Corpus en bronze des débuts du quattrocento florentin

d'évolution des corpus toscans, nous pouvons citer deux exemples, deux belles croix de procession toscanes 10 conservées au Bargello (Museo Nazionale) de Florence, une du XIV e et une du XV e siècle, (fig. 52, 53). La tête de chacun est tournée vers la droite, les bras forment une ligne délicatement arquée vers le haut. Les corps ont une position calme, vus en face, dans les deux cas la tête tournée vers la droite est équilibrée par le genou gauche tourné un peu à gauche. Le linge qui couvre les reins cache le genou gauche, mais ses dra­peries sont un peu soulevées au-dessus du genou droit. Quelques autres corpus toscans montrent exactement le même schéma, ou du moins des schémas très analogues" (fig. 55, 56, 57, 58). Ils constituent une série intéressante de corpus typiquement toscans qui appartiennent à des croix de procession munies de décor gravé. En Toscane, à partir de la seconde moitié du XIV e siècle jusqu'au milieu du XV e , les croix de procession munies de décor gravé et d'un corpus moulé étaient particulièrement favorisées. 12 Notre corpus suit le même schéma, mais il se fait remarquer par la beauté lyrique de la tête, par l'allure imposante de la représentation du corps visant à l'essentiel (fig. 49 et 50), traits qui caractérisent les oeuvres des plus éminents représentants des débuts du quattrocento florentin. Sous ces deux aspects, les crucifix toscans mentionnés sont inférieurs au corpus de Budapest. Le maître de notre corpus devait connaître le portail Nord du Baptistère de Florence 13 quand celui ci était en travail, car la beauté neuve dans la re­présentation du tronc dévêtu le prouve. Le doux lyrisme de la tête, les yeux en amande, le nez délicat, la moustache et la barbe décoratives qui encandrent la bouche vigoureuse, témoignent éga­lement du rayonnement de l'influence de ce portail Nord, de cette grande per­formance sculpturale du premier quart du quattrocento (fig. 50, 51). Le linge qui couvre les reins, d'un dessin décoratif au tracé vigoureux, s'insère dans les formes du début du XV e siècle que l'on retrouve entre autres à la Porta délia Mandorla du Dôme de Florence. 14 L'ordonnance des bords tombants des draperies en lignes ondulantes se remarque déjà dans l'art de Lamberti 15 en tant que motif caractéristique de l'époque, mais on voit le même arrangement dans les plus beaux détails de draperies du portail Nord de Ghiber­ti 11 ' (fig. 59). Ce motif drapé, connu dans les oeuvres aussi bien de Ghiberti que de Lamberti, se retrouve dans notre corpus dans des dimensions plus petites. De notre avis, on peut situer définitivement notre statue en Toscane, notam­ment à Florence. La date de son exécution est le début du quattrocento, du 111 Maître toscan, XIV e siècle: Croix de procession. Inv. No: 23; Maître toscan, XV e siècle: Croix de procession. Inv. No. 14. 11 Sculptures of the 15 th & 16 th centuries. Summer Exhibition May 30 — September 8. Londres, 1972. Heim Gallery. 1 A, 1 B, 1 C. 1 E. 12 Oeuvre citée dans la note précédente. 1. 13 K r a u t h e i m e r, R. : op. cit. Pl. 18. ; G o 1 d s c h e i d e r, L. : Ghiberti, Londres, 1949. fig. 5. v ' W u n d r a m, M.: Niccoló di Pietro Lamberti. Jahrbuch der Berliner Museen. Jahrbuch der Preussischen Kunstsammlungen. Neue Folge. Vierter Band. 1962. Berlin, p. 100, fig. 15 et 16. 15 Wundram, M. : op. cit. p. 87. fig. 2. 16 Voir par exemple K r a u t h e i m e r, R. : op. cit. pl. 24.

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