Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 48-49. (Budapest, 1977)

CZÉRE, ANDRÉE: Esquisse de Niccolo Bambini dans la collection de Budapest

saint Jérôme de Domenichino, agenouillée, les bras étendus. Par rapport ad tableau d'autel le dessin a trouvé une solution moins recherchée en plaçant la sainte tout à fait à gauche. C'est que dans le tableau elle se trouve à la place centrale, devant les marches, ce qui prête à l'oeuvre un caractère plus didactique en exprimant moins le miracle inattendu dont le dessin donne l'impression. U est probable que le tableau de Ricci ait donné l'impulsion à cette modification, ce qu'atteste entre autres le changement non seulement de la place de la sainte mais aussi de sa position, au lieu de profil trois-quarts, elle est vue complète­ment de côté, tout comme sainte Lucie chez Ricci. Le personnage agenouillé au coin droit de l'avant-scène vient, en tant que motif, du tableau de Domenichino, et renvoie, par le type du visage et par les proportions ramassées du corps, à l'affinité avec l'art de Mazzoni et de Liberi. Sa transformation sur la toile doit être imputée à l'influence de Ricci et en outre à la forte impression que l'art romain et des modèles probablement véronais, par exemple les anges tenant des torches de Felice Brusasorci avaient exercée sur notre artiste 1 ': le garçon jouf­flu, agenouillé, s'est transformé sur le tableau en un ange svelte, élégant, au vê­tement bien drapé, tenant une longue chandelle à sa droite, montrant de sa gauche, d'un geste quelque peu recherché, le ciel. Même le garçon de Ricci a l'air gauche à côté de cette élégance mondaine. Le pendant de ce personnage, à ge­nou de l'autre côté des marches, a subi les mêmes transformations. Ceux tenant la chandelle des deux côtés du prêtre constituent un motif dont les possibilités théâtrales sont le mieux mises en valeur par Bambini. Il a souligné l'aspect cérémoniel du miracle en augmentant le nombre des personnages célestes, les garçons agenouillés sont, eux aussi, transformés en anges. La solennité est encore mise en relief par l'élévation de l'autel à hauteur de trois marches, projeté en­core plus haut dans la composition d'un autre format de l'esquisse, par le couple d'anges sous la voûte, et par la cohorte d'angelets qui, à côté de l'ange tenant la chandelle dans le fond, descendent sur les marches entourés de nuages, pour tendre à sainte Thérèse le linge de communion. Dans le dessin, le prêtre donnant la communion se tient seul sur les marches, sur le tableau par contre, sous l'influence du tableau de Sebastiano Ricci, l'artiste a placé encore deux figures derrière lui, dont l'une se montre à moitié et de l'autre on ne voit que la tête, tout comme sur l'oeuvre de Ricci. Ce qui précède révèle clairement la source et la raison des différences entre le dessin et la peinture, c'est-à-dire entre le projet et l'oeuvre exécutée. L'ex­plication en est d'une part que sous l'influence de Sebastiano Ricci Bambini a changé sa conception primitive qui. déjà dans l'esquisse, n'était pas tout à fait exempte des idéaux de Ricci, mais qui montrait pourtant plus d'affinité avec Domenichino. D'autre part, la manière vénitienne primaire, instinctive de l'ar­tiste céda ici le pas à l'attrait qu'exerça sur lui la peinture académique de Rome, face au dessin à touches floues, vibrantes, au tracé léger, le tableau est marqué d'un air distant, théâtral. Dans son ensemble, l'oeuvre de Bambini est plus décorative, plus axée sur les apparences que celles de ses modèles. Dans son tableau, il a reproduit ses personnages à une échelle plus réduite, vus de plus loin que chez Carracci, Domenichino et Ricci. A côté de ce tableau, les oeuvres non seulement des maîtres bolonais, mais même celle de Ricci font un effet d'intimité. Ceux-ci ont mis plus de soin à représenter la psychologie de leurs personnages, tandis aue Bambini aborda l'illusion du miracle moins de son côté humain qu'avec des motifs extérieurs, comme par exemple avec 15 Madame Agnès Czobor a attiré mon attention à la parenté stylistique du ta­bleau de Bambini avec le seicento véronais.

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