Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 44. (Budapest, 1975)

KAPOSY, VÉRONIQUE: Une feuille de croquis de Pierre Bonnard

sa main rappelle le mouvement gracieux de la femme cherchant à se tenir en équilibre, comme aussi le papier peint qui augmente l'effet décoratif. 12 Les spécialistes de l'art de Bonnard attribuent une grande importance à ses premières illustrations exécutées pour le livre de Peter Nansen, écrivain danois, intitulé «Marie». 13 Selon la description de Thadée Xatanson les dessins à l'encre de Chine furent faits en 1896, 14 et ont paru pour la première fois dans la Revue Blanche, puis, en 1898, sous la forme d'un volume indépendant. Les petits dessins exquis, aux lignes légèrement tracées à l'encre de Chine, les formes souples et les figures féminines gracieuses seront plus tard les sources de ses illustrations splen­dides. Dans les illustrations du volume de Paul Verlaine intitulé «Parallèlement», paru en 1900, chez Vollard, ces figures s'épanouissent pour ainsi dire sur les dessins de plus grand format, elles occupent une grande partie de la feuille et s'empiètent souvent aussi sur le texte (fig. 107). La solution nouvelle, les images artistiques sont quant à leur qualité non seulement les égaux du poète, mais les œuvres des deux artistes se fondent presque ensemble. Le volume est considéré comme le premier chef-d'œuvre de l'art du livre moderne. Les petits dessins faits pour le volume «Marie», qui dans l'œuvre d'illustrateur de Bonnard ont joué un rôle décisif, 15 remontent encore aux études de 1893, donc aussi à la feuille de croquis de Budapest. Sur l'un des petits dessins faits pour le livre de Nansen, se répète le motif de la jeune femme dormant de la feuille de Budapest, bien que l'artiste ait dessiné sur celui-ci aussi le profil charmant de la femme reposant ses bras sur les coussins (fig. 104). 16 Une autre illustration peut être mise en rapport avec les tableaux à l'huile (fig. 106). 17 Le femme assise au bord du lit incline sa tête, et de son visage encadré des cheveux abondants on ne voit qu'une petite tache. L'échancrure de la che­mise, la tache décorative du bas reposant sur le parquet évoquent le tableau de la 12 C'est également en 1893 que Bonnard a exécuté des lithos pour les «Petites scènes familières» dont les chansons furent écrites par Franc-Nohain qui en a dédié quelques­unes aux membres de la famille Bonnard (le «Dimanche matin à la campagne» à l'artiste lui-même). La musique est due à Claude Terrasse, beau-frère de Bonnard. Sur la litho faite pour la chanson intitulée «Danse» la jeune femme dansant avec l'enfant avec des gestes drôlement grotesques porte également des bas noirs. Roger -Marx, CL: op. cit., n° 18. 13 R e w a 1 d, J.: op. cit., p. 29; Hermann, F.: Die Revue Blanche und die Nabis. Munich, 1959. I, p. 252. 14 N a t a n s o n, Th. : Le Bonnard que je propose. Genève, 195 1. p. 20. Sur les pages du livres sont reproduites les 18 illustrations faites pour la «Marie». Hermann, F.: op. cit., I, p. 250. Aussi Renoir remarqua-1-il les dessins et en écrivit en termes élogieux à Bonnard qu'il ne connassait pas encore personellement. Terrasse, A. : Bonnard. Genève, 1964. p. 40. 15 Le fait qu'aussi Bonnard a considéré les illustrations de la «Marie» comme un événement important de sa vie se trouve attesté par la présence de l'encre de Chine et du pinceau posés près du papier blanc sur la petite table devant la fenêtre, sur le tableau intitulé «La fenêtre» (Londres, Tate Gallery), alors que sur les albums de croquis on voit un exemplaire de la «Marie». U est peut-être trop audacieux de voir dans ce motif une certaine signification symbolique, or vu la personnalité subtile de Bonnard, nous pouvons supposer que la représentation du monde intérieur et extérieur — l'unité du passé et du présent — du paysage vu par la fenêtre et de la table de travail dans la chambre, ait eu un sens symbolique conscient. Déjà F. Hermann a signalé, sous une autre forme, l'impor­tance des représentations exécutées pour la «Marie» (op. cit., I, p. 250). 16 N a t a n s o n, Th.: op. cit., p. 17. 17 N a t a n s o n, Th.: op. cit., p. 21. Le croquis fait pour cette illustration est conservé actuellement dans une collection privée de Genève (60 X 100 mm). Terrasse, A.: op. cit. ill. p. 39.

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