Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 43. (Budapest, 1974)

TÁTRAI, GUILLAUME: Une oeuvre inconnue de Taddeo Gaddi au Musée des Beaux-Arts

personnages à cinq: Saint Jean l'Evangéliste se tenant sur l'échelle tient d'en haut le corps du Christ, la Vierge tient sa main gauche et Marie-Madeleine embrasse sa main droite. Sur le côté droit est agenouillé Nicodème qui arrache le clou du pied du Christ. Un trait qui diffère d'une façon frappante de la tradition de la représentation généralement répandue de l'épisode est qu'à la place de Joseph d'Arimathie c'est Saint Jean l'Evangéliste qui se tient sur l'échelle. A savoir, il est peu imaginable que Gaddi aurait représenté Joseph d'Arimathie comme jeune homme imberbe. Sur cette Descente on ne voit pas même les traces de ce dramatique intense qui est la caractéristique des représentations du sujet de Duccio (Sienne, Museo deh" Opera), mais surtout de Simone Martini (Anvers, Musée Royal des Beaux-Arts) et de Pietro Lorenzetti (Assise, San Francesco). La manière de Gaddi est expressément réservée, ce qui est dû non seulement à l'absence des nombreux personnages secondaires, mais par exemple à l'omission du motif où la Vierge serre son visage contre celui du Christ. 4 Le cadavre du Christ est un détail de très haute qualité. Il est plus failli­ble et fragile (pie le Sauveur crucifié de l'Académie (fig. 32.). Les lumières irisantes le rendent presque transparent, ce que les autres personnages font encore plus fortement valoir, surtout le modelé plastique et substantiel de la figure de la Vierge. Gaddi met à profit toutes les possibilités picturales offertes par les fins effets de la lumière, caractéristique de sa première période, et (pie nous rencontrons non seule­ment sur certaines fresques de la chapelle Baroncelli de Santa Croce, mais aussi sur plusieurs tableaux de la série de l'armoire à reliques, entre autres sur la Transfi­guration du Christ. La haute qualité qui se révèle dans l'agencement ingénieux des personnages, dans l'univers des couleurs, suggestif et soutenu, ainsi que dans l'exécution soignée et délicate, confirme que les deux tableaux de volets ne sont aucunement des tra­vaux d'atelier, mais qu'il sont des meilleures oeuvres sorties de la main de Gaddi. La Nativité du Christ et la Descente de Croix n'accusent une si étroite parenté avec aucune oeuvre connue de Gaddi comme avec les pièces de la série de Santa Croce. Ce fait incontestable détermine en même temps aussi la possibilité de les situer dans le temps. La seule difficulté à laquelle se heurte la datation est que la da­te précise des panneaux de l'armoire à reliques est une des questions de la recherche du Trecento qui, jusqu'à présent, n'est pas résolue. Selon la plupart des historiens ce sont des oeuvres de jeunesse que Gaddi avait peintes vers 1330, grosso modo dans le même temps que les fresques de la chapelle Baroncelli. 5 Or, même si la différence entre les formats et la technique ne permet pas de comparer avec certitude les panneaux et les fresques, on y observe des différen­ces indéniables du style: sur les panneaux la proportion des figures sont plus na­turelles, le modelé est plus mou et délicat, et sur quelques compositions — ainsi sur 4 C'est cette expression des sentiments, bien plus réservée non seulement par rapport aux Siennois, mais aussi à Giotto, qui peut être observée aussi sur la fresque de la chapelle Baroncelli, intitulée «La Rencontre à la Porte d'Or.» Cf. M e i s s, M. : Painting in Florence and Siena after the Black Death. Princeton, 1951. p. 26. 5 Voir le sommaire de la bibliographie relative à la datation des tableaux de l'armoire à reliques dans M a r c u e c i, L. : I dipinti toscani del secolo XIV. Gallerie Nazionali di Firenze. Rome, 1 965. p. 59 - 60; D o n a t i, P. P.: Taddeo Gaddi (I Diamanti del!Arte). Florence, 1966. p. 35— 36. Pour la datation des fresques de Baroncelli, entre autres: B o r s o o k, E. : Notizie su due Capelle in Santa Croce à Firenze. Rivista d'Arte, 1960 — 62. p. 90.

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