Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 43. (Budapest, 1974)
PATAKY, DENIS: Sur quelques dessins impressionistes du Musée des Beaux-Arts
SUR QUELQUES DESSINS IMPRESSIONNISTES DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS D'entre les dessins impressionnistes conservés au Musée des Beaux-Arts de Budapest nous publierons ici quelques-uns au sujet desquels il convient d'éclaircir un malentendu, ou qui, dans les publications jusqu'ici parues, n'étaient pas dignement traités. Nous étudierons tout d'abord le chef-d'oeuvre d'Edouard Manet, intitulé la «Barricade», qui fut exécuté en 1871. Après l'ouverture de la guerre franco-allemande Manet envoya sa famille à Oloron-Sainte-Marie, dans les Basses-Pyrénées, alors que lui, lieutenant de la Garde Nationale, demeura à Paris. Il suivit sa famille après la capitulation, le 12 janvier 1871, et ne retourna à Paris qu'en mai 1871, dans les derniers jours de la commune, lorsque les batailles de rue continuèrent encore et les exécutions étaient à l'ordre du jour. Les événements ont beaucoup éprouvé Manet ; il les a perpétués dans deux lithographes dont une porte le titre: «La guerre civile» (fig. G9) 1 , et l'autre: «La Barricade» (fig. 70).La «Guerre civile» représente un soldat mort couché sur le pavé. Dans cette figure il a utilisé celle d'un tableau peint en 1864, la figure du toreador mort, qu'il avait empruntée à un tableau du XVII e siècle attribué à Vélasquez et intitulé •«Le guerrier mort». Dans la «Barricade» qui représente l'exécution des communards, il a utilisé pour la composition un détail de l'«Exécution de l'empereur Maximilien», le groupe du peloton d'exécution/ 5 Sur le verso de la feuille ce détail de la version en lithographie de l'Exécution de l'empereur Maximilien» est copié en contrepartie, d'abord aux lignes incisées, puis les lignes des figures sont retracés au crayon (fig. 71, 72). La lithographie ne fut publiée qu'après la mort de Manet, mais l'artiste a certes possédé une épreuve, car le dessin et la litho sont absolument identiques. Sur l'exquisse de la «Barricade» Manet n'a modifié (pie les uniformes: les soldats portent la capote, le manteau caractéristique des soldats français, qui, devant, est retroussé sur les deux côtés. En ce qui concerne la «Barricade», nous devons corriger des erreurs. Tabarant, un historien d'ailleurs très précis et exacte, dans son ouvrage intitulé «Manet, histoire catalographique», 4 décrit l'esquisse de la «Barricade», mais sous le titre «la Guerre civile». 1 G u é r i n, M. : L'œuvre gravé de Manet. Paris, 1944, n° 75. 2 G u é r i n, M. : op. cit., n° 7(5. 3 Encre de Chine, aquarelle, blanc opaque, 462x325 mm, collection Jean Dolfus, puis Majovszky. Don de Paul Majovs/.ky, n e d'inv. 1935 — 2734. 4 T a h a r a n 1, A. : Manet, histoire catalographique Paris, 1931, p. 530. n° 41.