Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 41. (Budapest, 1973)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Quelques problemes des bodegones de Velasquez

meilleure part qui ne lui sera pas prise». 35 Le «Christ chez Marthe et Marie», 3(i aussi bien que le «Repas à Emmaüs» sont des bodegones réguliers, et ce n'est pas un hasard que le tableau conservé dans la collection Beit, sur lequel la scène biblique à l'ar­rièrc-plan était, avant la restauration, couverte d'un repeint, a figuré sous le titre «Fille de cuisine avec des vaisselles». 37 Sur tous deux tableaux c'est le sérieux, l'imi­tation humble et noble de la nature qui saisissent le contemplateur; c'est cette qualité qui le distingue des peintres de tableaux de genre flamands et hollandais - qu'ils aient peint les sujets bibliques avec ou sans prétexte — et des peintres lombards, de Vincenzo Campi et ses imitateurs, jusqu'aux tentatives magistrales du cercle romano-bolonais. Le ton des peintres néerlandais, caricaturisant et pous­sant la înoralisation au grotesque, qui se rattache au gothique tardif, est absolu­ment étranger à Velasquez qui, même dans ses études les plus simples ne manque jamais à exprimer sa dévotion profonde et sincère pour la nature et le monde réel. Le seul maître qui, dans quelques-unes de ses oeuvres — qu'elles soient des repré­sentations religieuses, mythologiques, ou profanes — parle de ce ton sérieux et humble est le grand révolutionnaire de la peinture romaine: le Caravage. C'est ici que nous devons parler de la conception, proche de la vérité, mais pourtant pas juste, qui cherche dans les tableaux de genre de Velasquez le reflet de la littérature picaresque du XVI e siècle. Les historiens illustres, entre autres J. A. Gaya Xuno, 38 voient dans les tableaux de genre du jeune Velasquez la variante peinte de la littérature profane espagnole, en premier lieu des romans picaresques. L'enfant mendiant de Lazarillo de Tonnes, la vieille entremetteuse de la Celestina, les escrocs, les voleurs, les ivrognes, les vagabonds misérables et les filles de moeurs douteuses représentés en peinture ne peuvent prendre corps dans les bodegones sérieux de Velasquez que pour les contemplateurs superficiels. Certes, ces romans extrêmement populaires même en dehors des frontières du pays, et pouvant être considérés à leur façon comme des faits révolutionnaires - ont grandement con­tribué à la découverte du sujet profane, du grotesque et du trivial de la vie quotidien­ne. A côté des recueils de sermons, des réflexions pieuses et des prières, la diffu­sion rapide de la Celestina, de la Picara Justina où du Lazarillo se rattache plutôt à la moralisation du moyen âge finissant : ce sont les héros et les héroïnes des Car­mina Burana, leurs faits et leurs histoires qui, dans le Lazarillo de Mateo Aleman, entrent en scène au milieu flu XVI e siècle, à une époque et à un endroit où le moyen âge n'a peut-être jamais pris fin. A l'encontre de ceux-ci, Velasquez, même s'il avait utilisé ses héros, par exem­35 Nous ne sommes pas d'accord avec M. S. Soria qui pense voir dans la vieille femme la figure de Marthe, même il prétend que le personnage figure encore une fois dans la scène biblique < le l'arrière-plan. «Un unknown early painting by Velazquez*. The Burlington Magazine, XCI, 1949, p. 127. 38 Huile s. toile, 60 X 103,5 cm. Le tableau a apparu pour la première fois en Angle­terre, à une vente publique. Selon le catalogue le propriétaire est le colonel Packe, peut­être cet Henry Packe qui, au temps de la guerre napoléonienne avait servi en Espagne (+ 1859). Cf. M a c Lare n, N. : National Gallery Catalogues. The Spanish School. Lon­don, 1952, pp. 74 — 75. 37 Lopez Re y, J. : op. cit., p. 128, n° 18. Le tableau était primitivement quelque peu plus haut, le bras de l'un des apôtres manque. Il a, vers 1909, apparu dans une autre collection d'Angleterre. C'est en 1 933, lors d'une restauration que furent éliminés les re­peints qui ont caché la scène biblique. Sa réplique, sans la scène du Repas à Emmaüs: Chicago, Art. Institute. 38 G a y a N u n o, J. A.: Peinture picaresque. L'Oeil, 1961, n° de Décembre, p. 84, et ibid.: Picaresca y tremendismo en Velazquez. Gova, juillet-octobre, 1970, n os 37 et 38.

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