Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 40. (Budapest, 1973)
PASSUTH, CHRISTINE: Kurt Schwitters, Théo van Doesburg et le «Bauhaus»
•zontale, allant en largeur, l'idée n'en est pas moins proche de celle de la composition précédente. Le noyau reste, ici aussi, un parallélépipède placé au centre auquel s'adaptent des deux côtés les différents éléments de construction, formant des marches. On a l'impression que la peinture n'est autre chose, certes, avec des modifications, que le schéma simplifié, vu du face, de la maquette. Cela signifie en effet que même faisant de la peinture en surface plane, Doesburg pensait en espaces et en niasses. Les couleurs ne font que souligner la construction architecturale, sur le fond noir ressortent avec éclat les éléments blancs tirant sur le gris, et les rectangles verts en haut à gauche, violets en bas et bleus à droite dans la partie inférieure, mettent encore plus en relief, avec leur coloris estompé, la partie centrale. 11 est intéressant de voir (pie dans cette composition Doesburg ne s'était pas tenu à ses propres normes, il mélangeait les couleurs et même utilisait surtout des couleurs mélangées. Quant à la conception et à la structure, cette composition n'est pas unique à son époque. Une oeuvre de Sándor Bortnyik intitulée «Bildarchitektur a-b-c», datant de la même année, montre une parenté nette avec elle (fig. 69), 23 bien que les deux aient été exécutées indépendamment l'une de l'autre. Dans la composition de Bortnyik, un assemblage de gris délicats, les éléments géométriques placés en gradation s'élancent également vers le haut. Ces éléments ont comme centre une partie composée de deux carrés plus clairs. L'oeuvre de Bortnyik est plus riche et plus compliquée, il intègre dans la surface aussi des cercles, des ovales, des caractères et des chiffres. Toutefois, l'idée fondamentale, la composition architecturale construite de plans, est commune chez les deux. Sándor Bortnyik arriva à Weimar en août 1922 et descendit, comme il le raconte dans ses souvenirs, au même hôtel où avait habité El Lissitzky. 11 est donc resté en dehors du Bauhaus mais toutefois dans le rayon d'attraction de celui-ci. U s'est liéde bonne heure avec Doesburg avec qui ils se fréquentaient sans cpre pourtant Bortnyik ait suivi les cours du De Stijl. C'est à cette époque cpre Bortnyik exécuta une peinture complétée d'un montage où il fit la charge de Doesburg et du De Stijl. A gauche Doesburg, plus exactement sa photo, est placé dans une de ses oeuvres comme dans une maison d'où il regarde en dehors. A côté de lui, à droite, une fillette lui tend une sphère qui manque encore à la composition. A droite on voit un détail de paysage dans le style plutôt de Bortnyik que de Doesburg. Ce n'est que bien plus tard, en 1927, (pie cette composition fut reproduite dans la revue De Stijl. 24 Doesburg l'estimait comme la plus pure oeuvre néoplastique, et l'a gardée pour soi. 25 Bortnyik raconte qu'il avait fait cadeau de cette oeuvre à Doesburg par plaisanterie, mais le maître lui a donné en échange deux de ses oeuvres. L'une d'elles est la composition dont nous venons de parler, l'autre est, malheureusement, perdue. Selon le souvenir de Sándor Bortnyik elle était l'esquisse d'un édifice ou d'un modèle. Partant pour Paris Doesburg céda à Bortnyik son atelier où il laissa meine l'harmonium qu'il louait. 2 " Avant cet événement encore, Bortnyik fit connaissance à Weimar de Kurt Schwitters arrivé au congrès dadaiste-constructiviste. Au fond, c'est Doesburg qui 23 Bortnyik, Sándor: «Bildarchitektur a-b-c», 1922. Huile, toile, 49x30,5 cm. Collection J. Ascher. 24 Bortnyik: Satire op de Stijl. Weimar 24. De Stijl 1917- 1927. Numéro jubilaire p. 79. La date 24 est erronnée vu que Doesburg avait quitté Weimar au début de 1923. 25 W e s c h e r, H. : An interview with Nelly van Doesburg. Cimaise, janvier 1971, p 36. 26 Les références aux relations entre Doesburg et Bortnyik sont dues à la communication orale de Sándor Bortnyik.