Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 40. (Budapest, 1973)
PASSUTH, CHRISTINE: Kurt Schwitters, Théo van Doesburg et le «Bauhaus»
C'est le 20 février 1922 que Doesburg afficha le cours du De Stijl. On y commença parfaire connaître la théorie fondamentale élaborée par le De Stijl. La seconde partie,, en se servant de ces principes de base, devait être le point de départ de la création de ce qu'on appelle Gesamtkunstwerk. (Une heure de cours coûtait dix marks par personne.) 13 Cette entreprise était au fond un défi contre ltten et Gropius, son but ('tant de discréditer le Bauhaus par ses propres élèves. A ses cours Doesburg attaqua l'esthétique professée par le Bauhaus et, grâce à sa personnalité suggestive, il arriva, pour un certain temps, à imposer cette position à ses élèves. Une situation particulière survint: à Weimar, il créa des élèves du Bauhaus, un groupe «De Stijl». C'est dans ce groupe rpi'étudia, entre autres, Andor Weininger, architecte et peintre hongrois, qui travailla en outre dans un atelier théâtral aux côtés d'Oskar Schlemmer, dirigea l'orchestre du Bauhaus et joua du piano. 14 Il travailla sur une composition dans l'esprit du De Stijl «à l'époque où j'appartenais au groupe de Théo van Doesburg en tant epre Bauhaussier . . . En dehors des trois couleurs fondamentales j'y appliquai trois autres couleurs (violet, orange et vert) ce qui était alors, en 1922, une déviation au dogme de Doesburg (on n'„autorisa" que les trois couleurs fondamentales)». 15 La Composition 16 d' Andor Weininger, du moins dans sa version ultérieure repeinte, reflète quand même l'esprit rationnel, serein du «De Stijl» et ce à cause de ses couleurs d'un pur éclat, de son ordonnance claire. Les courants du Bauhaus, qui se croisaient et se contredisaient, ne s'étaient pas encore cristallisés pour constituer une conception homogène. A travers la personne de Doesburg, le puritanisme austère de l'abstraction géométrique s'affronta aux vues plus traditionnelles, plus lyriques. Avec son coloris réduit, son strict système des proportions, le refus des effets de forme et d'espace, le De Stijl avait créé de nouvelles normes, des idées picturales radicalement neuves. Les oeuvres de Doesburg ne doivent suggérer aucune association. Le système des proportions, calculé dans les limites de la surface donnée avec une précision presque technique, l'équilibre soigneusement pesé des couleurs, ne laissent guère de place à l'imagination, à la liberté picturale. C'est la nouveauté de Doesburg qui formait son attrait devant les élèves. Son but dépassait l'oeuvre d'art dans son sens strict, il cherchait à transformer la vie tout entière, à la rendre plus rationnelle et plus esthétique, conformément aux possibilités modernes du progrès technique. 17 Doesburg avait une foi inébranlable en la civilisation et les possibilités de la création. Dès le début, le groupe De Stijl s'occupait de la réalisation de certaines conceptions, de l'exécution de projets architecturaux. De plus en plus Doesburg se laissait attirer par l'architecture bien que, jusqu'en 1923, la peinture n'ait cessé de 13 D o e s b u r g, T. van: Stijl-Kureus I. Cité du catalogue Doesburg, p. 4 '. 14 Communication orale de Sándor Bortnyik. 15 Lettre d'Andor Weininger datée du 10 juillet 1970. Manuscrit inédit. 16 Weiniger, Andor: Détail d'une composition De Stijl. 1922— 1968. Huile, carton,. 101 X 22 cm. Pécs, Musée Janus Pannonius. 17 Comme lui-même l'expose à. la même époque : «Die neuen Möglichkeiten der Maschine haben eine unserer Zeit entsprechende Ästhetik geschaffen, welche ich einmal die «Mechanische Ästhetik» genannt habe. Diejenigen, welche die Überwindung des Natürlichen durch den Geist ausserhalb der Wirklichkeit erwarten, werden vielleicht niemals zugeben, dass der generale Aspekt unseres heutigen Lebens- und Kunststil ist, indem sich die überindividuellen, religiösen Wahrheiten erfüllen. Der kommende Stil wird vor allem ein Stil dec Erlösung und der Vitalen Buhe sein. . .» D o e s b u r g, T. van: «Der Wille zum Stil». De Stijl. Mars 1922, p. 33 - 41.