Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 39. (Budapest, 1972)

GARAS, CLAIRE: Les oeuvres de Gianbettino Cignaroli et de Pietro Rotari en Hongrie

Mais, autour des années 1700, dans les milieux littéraires et artistiques de Rome c'est déjà une nouvelle conception qui commence à régner, et les enseignements classicistes ayant gagné une large publicité grâce à la formulation de Winekelmann, se feront valoir de plus en plus dans les arts plastiques également. L'effort d'ensei­gner par les oeuvres d'art et non seulement de délecter, la tendance qui destine la représentation à servir de suggestion, d'exemple moral et éthique, et divulgue les exemples républicains grecs et romains, trouve son espression avant tout dans le milieu des intellectuels romains, des esthètes et des écrivains, des antiquaires et des collectionneurs. 16 Les porte-paroles et les personnages influents sont souvent des étrangers, des Anglais, des Allemands, des Français qui, désengagés des contraintes de leur pays et de leur condition, peuvent formuler plus conséquent ment les exigen­ces historiques pressantes. C'est avec ce milieu que prit contact le comte de Firmian qui, en sa qualité d'ambassadeur d'Autriche a, jusqu'en 1758, à Naples activement participé à la découverte et à la popularisation de l'antiquité, et qui, après 1758, fut, comme gouverneur de la Lombardié, l'un des mécènes principaux de la littérature de l'ère des lumières et des artistes travaillant selon le style classiciste. Domenico Corvi et G. Traballesi, Angélique Kauffmann et Martin Knoller sont ses protégés, et faisant la commande d'oeuvres d'art il donne la préférence toujours aux sujets historiques. Nous ignorons comment il fit la connaissance de Cignaroli travaillant à Vérone, et nous n'avons aucune donnée relative aux antécédents de la commande des tableaux de Caton et de Socrate. Or, connaissant la réputation de Cignaroli à son époque, surtout parmi les étrangers — Anglais et Allemands — séjournant en Italie, il paraît bien compréhensible que — tout comme l'empereur — le mécène milanais avait fait visite au peintre dans son atelier de Vérone et qu'il l'a chargé d'exécuter de grandes compositions historiques. 17 Après les années d'apprentissage qu'il a passées dans l'atelier de Balestra et les essais de fresques faits à Venise, l'évolution artistique de Cignaroli conduit de plus en plus décidément vers l'académisme, l'amalgame curieux du rococo et du classicisme. C'est cette duplicité de son art que signale l'auteur du catalogue de la lfi «Alle Künste haben einen doppelten Endzweck, sie sollen vergnügen und zugleich unterrichten. Der Pinsel den der Künstler führet soll in Verstand getunkt sein. . . er soll mehr zu denken hinterlassen, als was er dem Auge gezeiget. . . Hat er einen Vorwurf, den er selbst gewählet, oder der ihm gegeben worden, welcher dichterisch gemacht oder zu machen ist, so wird ihn seine Kunst begeistern und wird das Feuer, welches Prometheus den (lottern raubte, in ihm erwecken. Der Kenner wird zu denken haben, und der blosse Liebhaber wird es lernen». Winekelmann Gedanken über die Nachahmung griechischer Bildwerke. Dresden, 1750, p. 44. «Le devoir du peintre d'histoire est d'élever l'âme par la noblesse du sujet et par la grandeur du style. . .» Wat ele t, L. : Dictionnaire des Arts de peinture, sculpture et gravure. Paris, 1792, III, p. 37. Voir dans ce contexte S p r i g a t h, G. : Themen aus der Geschichte der römischen Republik in der französischen Malerei des 18. Jahrhunderts. München, 1908 (Diss.) et B a r d o n, H. : Les peintures â sujets antiques au XVIII e siècle d'après les livrets de Salons. Gazette des Beaux-Arts, LXI, 1963. p. 217. 17 Cignaroli, dans son Journal, mentionne parmi les étrangers et notabilités venant lui rendre visite dans son atelier, les princes de Nassau et de Braunschweig, Clément-August e, Prince électeur de Cologne, le comte de Firmian, gouverneur de la Lombardié, l'empereur Joseph II, etc. A ce qu'on dit, l'empereur, lors de sa visite à Vérone, en 1769, a déclaré qu'à Vérone il a vu deux merveilles, l'amphithéâtre et le plus important, peintre de l'Eu­rope, Cignaroli (v. L a n z i, L. : Storia pittorica dell'Italia. Milano, 1831, p. 323). Parmi les clients étrangers du peintre ont figuré, le roi de France, le roi de Pologne, le prince d 'Anhalt ­Dessau, les contes Suvalov, Stroganoff et Razumovski de Saint Petersbourg, le prince Liechtenstein de Vienne, etc. Voir Bevilacqua, L : op. cit., pp. 42, 44, 75. «C'étoit un des meilleurs peintres d'Italie, il étoit fort employé par les riches Anglais qui versent beau­coup d'argent en Italie», écrit Lalande, dans Voyage d'un Français en Italie . . . Paris, 1786, VII, p. 180. Sur la visite que Winekelmann rendit à Cignaroli voir Winekelmann Briefe, op. cit., II, p. 363.

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